Born to die : une ode au goût amer



(billet totalement subjectif)

C’est beau… Esthétisme impeccable.

 

« Nés pour mourir ». Le nouveau clip de Lana Del Rey, « Born to die », s’ouvre sur un plan qui saura nous rappeler Madonna et « American Pie » en son temps, sauf que, cette fois-ci, cette chère pom pom girl est figée et accompagnée. Les temps changent… Regroupons-nous ? La faute à la crise ? Le couple, valeur refuge ?

 

Yoann Lemoine filme le château de Fontainebleau merveilleusement bien, ce musée à ciel ouvert qu’est en train de devenir la France (poke les @bobosdemerde) a de beaux jours devant lui. Lana Del Rey impériale, assise sur un trône, entourée de deux tigres parfaitement calmes, est vénéneuse à souhait. Nous noterons que son registre de moues s’est élargi au profit d’une expression haineuse et méprisante des plus sexy. Les mains illustrent les paroles au cas où on n’aurait pas compris ses propos.

 

La princesse doit s’ennuyer ferme dans son château puisqu’elle file en douce retrouver son prince charmant. Le bellâtre est en fait une crapule tatouée, ce mythe a la dent dure, n’est-ce pas ? Fait chaud apparemment, il est torse nu et la damoiselle en micro short en jean et converses rouges non lacées court se jeter dans ses bras ; elle devait être pressée, on la comprend. (MAJ de 14h49 bordel, j’ai failli oublier la référence à Sailor et Lula qui me semblait tellement évidente !!). Il l’attend au pied de sa voiture américaine. Ici insérer un clin d’œil à « Drive ». Ha ben, finalement fait frais, Lana a enfilé son blouson blanc à franges. (Note contacter les brigades esthétiques pour ce dérapage). OH MON DIEU ! Ils fument un joint ?! Tranquilles, comme ça, à la barbe du Tea Party ?! So subversif…

 

Le joint doit lui taper sur le système à ce garçon parce que les premiers gestes de violence arrivent. Le bad boy mime une balle dans la tête de Lana. C’est pas très gentil, moi, je trouve. Il l’attrape par le menton pour la forcer à l’embrasser. Elle n’a pas l’air tellement d’accord mais en fait, elle aime ça, tu vois ? Ca m’a l’air d’être un fin psychologue le garçon, il comprend les femmes. Autre plan, on s’embourgeoise, monsieur et madame sont dans un pieu dans le château de Papa et Maman, chemise de nuit blanche, virginale tant qu’à faire. J’ai l’impression qu’il aimerait bien l’étrangler mais ça doit être sa façon de manifester sa tendresse. Il est bourru. C’est mignon ^^.

 

Plan magnifique (non là, vraiment) avec Lana qui tient sa paire de pompes, enfin je crois, et le mouvement de caméra et de lumière qui dévoile le bad boy en train de faire coucou à la caméra. Ha non. Le doigt qui fait le tour du cou, c’est pour signifier qu’il la buterait bien. Une déclaration d’amour, sans doute.

 

Là on réinsère un clin d’œil à « Drive ». La bagnole ça doit être K2000 parce qu’elle se conduit toute seule, vu qu’ils sont super occupés à se rouler des pelles. Ensuite, la jeune fille virginale s’avance dans les couloirs du château, ou vers la mort. Elle est détendue. Parce qu’elle sait qu’ils sont nés pour mourir, tu vois ? Nouveau plan : là, j’ai comme un doute… Passe encore que le bad boy ait massacré la princesse… Enfin, j’y reviendrais mais il n’a quand même pas osé foutre le feu au château de Fontainebleau, ce con ?!

 

L’image de fin est, je ne sais pas trop, une vision de l’Amérique ? Le monsieur après avoir explosé et tué sa dulcinée se retrouve dans un rêve américain éveillé où elle lui appartient pour toujours ? Ou un truc du genre ?

 

Plaisanteries mises à part, il est tout de même sous-entendu des trucs dans ce clip qui me dérangent un chouia. Autant dans « The killer inside me » (que je ne recommanderais jamais assez), la violence faisait sens pour moi, autant là, je coince un peu.

 

Bon, je le reconnais, je suis un tantinet de mauvaise foi mais il n’empêche. Je trouve assez savoureux que, après que les Etats-Unis aient passé l’été à faire la leçon aux Français sur leur rapport aux femmes, le clip de la petite fiancée de l’Amérique nous ponde un genre d’ode à la soumission des femmes et à la violence. Lana De Rey est-elle en train de se spécialiser dans le genre ? Déjà, « Video Games » était un peu un hymne à un certain type de rapport de couple hein.. Perso, je ne suis pas du genre à me taper des jeux vidéos par amour pour mon mec, faut pas pousser…

 

Pas de méprise, Yoann Lemoine est un très grand réalisateur, j’aime bien Lana Del Rey, je ne critique pas du tout la forme mais le fond. Ce clip me laisse un arrière-goût. Pas tant que je pense qu’il va avoir une mauvaise influence (Je ne crois pas à ce genre d’excuses) mais je ne suis pas convaincue que c’était la meilleure idée qu’il soit cette année. Une question de tact en somme. J’entends déjà, ici et là, les gens dire que c’est le meilleur clip de l’année. Esthétiquement, c’est probablement vrai même si j’ai un gros faible pour un autre clip de Lemoine alias Woodkid : « Iron ».

 

Mais avouez que ça ne manque pas d’ironie cette situation, non ? Le clip le plus attendu de l’année. L’année où l’on n’aura jamais autant entendu parler de la violence faite aux femmes. « Born to die », et c’est une femme qui meurt à la fin. C’est ballot, vous en conviendrez.

 

Juste un petit billet moqueur pour souligner la contradiction d’un monde occidental qui n’en finit pas de se mordre la queue, si j’ose dire.

 

Voilà l’objet du délit et pour le plaisir des yeux le clip « Iron » parce qu’encore une fois, Lemoine est un grand réalisateur.

 

 

 

9 commentaires sur “Born to die : une ode au goût amer

  1. Ton billet m’a donné envie de revoir le clip. J’avais bien vu ces gestes la première fois. Gênant il est vrai, mais j’étais bluffé par l’esthétique et la chanson… C’est un ensemble. Je vois ce que tu veux dire. Pour moi c’est plus léger. Mais tu

  2. Ben c’est un peu ça l’histoire… L’esthétisme l’emporte sur un message super biaisé quand même.

    Autant je trouvais que dans « The killer inside me » aucune concession n’était faite à l’esthétisme. Tu te prenais dans la tronche la violence à l’état ultime. Autant là, c’est un peu malsain quand même

  3. Poncifs, poncifs et poncifs, dans ce clip esthétisant à mort (c’est le mot juste) pour un pur produit marketing, qui a tout pour agacer les filles et hypnotiser les gars ;-).

    Maquillée comme un fourgonnette volée, miss botox 2011 (à son âge si c’est pas un malheur ça, non mais ?) se moule à la perfection dans l’iconographie qu’on lui applique.

    L’amour, la mort, tout ça, tout ce qu’il faut pour exister la libido, l’instinct de la perpétuation de soi, face à l’imminence de la (petite ?) mort, le cerveau reptilien tourne à plein régime.

    Manipulation par l’image donc, du grand art, y’a pas à dire, c’est pas des cons derrière tout ça, z’on au moins une licence en psycho clinique et/ou comportementale, les gaillard(e)s.

    Ça manie gentiment la provoc sexiste envers les bobos qui osent courageusement le féminisme urbain et politiquement correct, ce qui fait réagir forcement, c’est tellement facile de faire réagir le militantisme obtu sur ses fondamentaux.

    Ça flatte aussi le machisme rentré et honteux qui voit se conforter ses hypothèses de bases dans l’attitude de la demoiselle faussement soumise et offerte à une mort certaine qui lui sera apportée par le tatoué de service, le mâle, le vrai, le dur à cuire, ça l’excite gravement la princesse.

    Y’a pas,c’est de la belle réclame, tout le monde y retrouvera ses petits, on lui promet un bel avenir à la demoiselle si elle continue à miser sur tout ces archétypes, elle n’est pas non plus totalement dénuée de talent vocal, avec sa belle voix sexy grave, ça peut aider.

    Ça va pas franchement dans l’apaisement des relations hommes/femmes, et de la parité à tous les étages, à côté du confort du gaz et de l’électricité.

    Mais finalement n’est-ce pas ce qu’attend très majoritairement le public, tous genres confondus, « Peuple Indé » compris, de la plus rebelle au plus couillu, dans la perpétuation de ses symboles sexués, qu’ils répliquent et réclament allègrement, tout « subversifs » qu’ils et elles soient.

    Qui au travers du maquillage léger ou outrancier, des zolies robes ou des mini-short ? Qui au travers des barbes de 3 jours, des tatouillages « rebelles », des voitures de sports vintage,etc. ? Le jeu de la séduction change moins souvent ses règles que le monopoly.

    Sinon oui les filles qui font la gueule et qui flirtent avec la mort ça marche toujours autant, va t’en savoir pourquoi 😉 d’ailleurs ça me rappelle quelqu’un, il y a longtemps, que j’ai beaucoup aimé et qui…. forcement 😉

  4. J’ai l’impression que tu n’as pas tout compris a ce clip! Ou alors c’est moi, mais je crois plutôt que Lana nous raconte sa mort, les moments où on la voit avec son copain dans la voiture etc ce passe avant qu’elle meurt, elle nous remontre comment elle en est arriver au château, et puis ce n’est pas son chers ami qui l’a tuée, elle meurt car ils ont eu un accident de voiture. Le château doit sans doute symboliser le passage entre la mort et la paradis(enfin voila quoi), car on la voit rentrer dans une pièce lumineuse, qui doit surement être le paradis (robe blanche, lumière aveuglante etc). Moi qui pensais que tout le monde pouvait comprendre ça, apparemment non.. Après ce que tu dis sur la femme, la violence etc, ce n’est pas mon délire donc j’ai pas d’avis, je pense qu’il faut arrêter de voire le mal un peu partout. Voila j’espère que ça vous aura fait comprendre un peu plus ce clip que apparemment peu de personne comprennent.
    Bonsoir
    (désolé s’il y a des fautes)

  5. Je vois que très peu on su apprécier la beauté du clip. Je suis entièrement d’accord avec Kitigirl et son point de vue sur le clip est celui qui se rapproche le plus du mien.
    Ce que Lana veut montrer dans son clip, c’est surtout un amour impossible avec un badboy tatoué. Vous avez été cherché loins pour trouver le peu de violence présente dans le clip.. Il symbolise surtout l’amour, et on peut bien voir que Lana et son badboy sont amoureux l’un de l’autre. Ce n’est pas lui qui la tué à la fin. Si vous regardez bien, à un moment ils s’embrasse langoureusement et le mec ne regarde plus la route : ils ont eu un accident de voiture.
    Lorsqu’on regarde le clip, on peut voir qu’il dégage une certaine émotion. De plus, il s’accorde parfaitement avec les parole.
    Je le trouve magnifique du début à la fin, et je trouve que le moment où le mec porte Lana alors qu’elle est morte est très émouvant et beau, malgré la violence et la morbidité du moment.

  6. Arrivée à un certain âge, on fait plus attention à la violence dissimulée.

    Si vous trouvez ça romantique et glamour, grand bien vous fasse. Vos explications de textes me font sourire.

    Maintenant, qu’on se comprenne bien, vous en avez le droit. J’aurais tendance à penser qu’on pourrait avoir cette conversation dans quelques années pour voir si votre analyse est la même.

    Le jour où les femmes, du moins beaucoup d’entre elles, cesseront de confondre « violence », du moins une « certaine violence » et l’amour, du moins « une certaine forme d’amour », l’humanité aura fait un grand pas en avant.

    1. C’est marrant comme les gens on une interprétation différente les uns des autres ^^
      Pour ma part c’est juste l »histoire d’une fille qui veut mourir transie d’amour pour la mort elle même….je ne suis peut être pas claire mais pour moi,ce tatoué, c’est la mort qui vient l’emmener….
      Ce château, c’est comme après être passée au purgatoire, elle va vers la lumière…
      Ce clip n’est en aucun cas violent, juste un trip entre elle et lui, c’est la mort après tout, et elle a l’air d’aimer son coté bad boy.
      C’est l’histoire d’une fille qui veut mourir, mais mourir à sa manière.
      Mais libre à vous d’en avoir une autre signification, je trouve ça super enrichissant de partager son sentiment là-dessus ^^

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