Ragemag : la fin justifie les moyens.

J’ai parfaitement conscience que ce billet est un billet d' »initiés ». Je suis tellement en colère ce matin que je n’ai aucune envie de faire de la pédagogie (expliquer ce qu’est Ragemag, l’historique précis etc), je fais dans l’opinion brute de décoffrage…

 

J’ai le dégoût très sur.

 

Il y a des propos, des systèmes, des médias, des individus etc que je rejette viscéralement. Ca ne veut pas dire que j’ai raison, ça veut juste dire que ça ne me convient fondamentalement pas, surtout pour les individus.

 

Je boycotte de la même manière. Après la énième couverture putassière de Libé, j’ai décidé de ne plus linker vers ce journal. J’attends qu’il retrouve sa dignité. Je reste chez Next et certains blogs hébergés chez eux mais pour le reste, c’est niet. Je boycotte le Huff Post de la même façon. Pas tant parce qu’ils m’ont étiquetée « militante FN » par erreur un jour mais juste parce qu’ils n’ont pas été foutus de me présenter des excuses directement. Seule exception notable : les billets de Guy Birenbaum chez eux qu’il m’arrive de retweeter. C’est ma petite nuance à moi, je ne linke pas le Huff Post, je linke Guy.

 

Je rejette viscéralement Ragemag et je le boycotte. En clair, je peux pas saquer ce site.

 

Je l’ai observé à son lancement et ce pendant quelques mois. J’aimais beaucoup certains billets mais rien à faire quelque chose me gênait terriblement. J’étais mal à l’aise, incapable d’expliquer rationnellement pourquoi. Je suis donc restée dans l’expectative.

 

Et puis le billet de trop. Impossible de me souvenir de quoi il retournait mais il a été soudainement très clair pour moi que ce site sentait mauvais et pas qu’un peu. Et ce malgré de très bons billets encore une fois. Ca tapait partout : extrême-gauche, extrême droite, féministe et masculiniste, soutenant les homosexuels mais tenant parfois des propos homophobes (ou des sous-entendus). Impossible de déterminer l’adn de Ragemag. Et quand je ne peux pas déterminer un « adn », ma conclusion est implacable, c’est que ça pue.

 

Ensuite est arrivé @ragemag__reac, l’anti Ragemag pour résumer. Ils avaient un côté troll que j’aimais pas trop mais ils faisaient le job : tout ce que je n’arrivais pas à analyser, mon malaise et ma gêne trouvaient enfin un sens. J’ai échangé avec eux et je les ai remerciés pour le taf qu’ils faisaient. Jusqu’au jour où ils ont publié un billet diffusé par erreur par Pierre Deruelle en dépit de l’interdiction de celui-ci. J’ai trouvé ça dégueulasse, je ne les ai plus soutenus. Pour eux, s’asseoir sur le principe de droit d’auteur était moins grave que de balancer un billet qui remettait en cause vaguement le site puisque ça fournissait de l’eau à leur moulin anti-Ragemag. Pourvu qu’on ait l’ivresse hein… On ne peut pas accuser Ragemag de bouffer à tous les rateliers, cqfd « la fin justifie les moyens » et faire exactement la même chose.

 

Justement venons-en à « la fin justifie les moyens ». Aujourd’hui, après un « scandale » de trop et un rétropédalage #priceless, Ragemag essaye de nous faire croire qu’ils se rendaient pas compte, qu’ils étaient jeunes gnagnagni gnagnagna. J’imagine que c’était le cas pour ceux qui n’étaient pas liés d’une manière ou d’une autre aux médias. Mais alors l’équipe « dirigeante » là, c’est du gros foutage de gueule. En déposant Ragemag comme nom, la stratégie était entendue, ça allait brailler secos. A bon escient ou mauvais. Mais il fallait que ça réussisse et bizarrement ^^ , ce n’était pas les excellents articles de fond qui cartonnaient mais les billets provocateurs, clivants, bourrés de raccourcis et au choix antiféministes, vaguement homophobes, anti associations anti racistes et j’en passe (oui je sais, c’est mal tourné). Bref tout ce qui n’était pas politiquement correct.

 

Et ça marche. Le petit monde de l’internet français a une opinion sur ce site. Pour. Contre. C’est surtout fait exprès. Pour probablement assouvir les délires mégalos de quelques uns (surtout ne m’expliquez pas qu’ils se rendaient pas compte, encore une fois, c’est du foutage de gueule !!), la stratégie du site c’était « la fin justifie les moyens ». Concrètement, peu importe le contenu pourvu que ça ratisse large et que le contenant gagne en visibilité. On tape sur tout, on existe. Le tout accompagné de la participation innocente (et ça j’en suis convaincue aussi) de quelques personnes persuadées de participer à un projet différent. Mais non tout n’est pas au même niveau. Faire côtoyer des textes admirables de gauche et des machins puants, ce n’est pas défendre la liberté d’expression. C’est le nivellement par le bas. Diffuser des contenus nauséabonds pour servir ses propres ambitions, c’est participer activement à la légitimation de ces idées dégueulasses. En plus d’être sacrément faux-cul. Le marketing comme une conscience, ça craint, ça a même un nom sur internet : les « putes » à clics.

 

La raison de ma colère aujourd’hui après une relative indifférence polie de ma part pendant des mois vis à vis de Ragemag ? L’édito en forme d’excuses du (nouveau ?) rédacteur en chef. Je vais linker exceptionnellement chez eux >> http://ragemag.fr/communique-de-la-redaction-de-ragemag-34049/

 

Grosso modo, si je comprends bien, Ragemag après être monté en puissance pendant des mois à coup de billets racoleurs, draguant à la fois l’extrême-droite et l’extrême-gauche, en fait on va aller plus vite, draguant tout ce qui bouge, Ragemag se refait une virginité à coup d’excuses et de ménage dans les billets. Circulez, ya rien à voir. Et ça… mais alors ça… ça c’est juste épouvantable. C’est jouer sur tous les tableaux, c’est dégueulasse. Maintenant qu’on est en rythme de croisière, vous comprenez, là, on rétropédale. C’est de la manipulation pure et dure. Personne n’arrivera à me faire croire qu’ils ont eu une épiphanie hein… Ils se foutent de la gueule du monde, là !

 

Alors pour être très claire sur ce que je pense de Ragemag et de sa stratégie de communication, je vais me lancer dans une comparaison extrêmement périlleuse mais qui pour le coup sera éclairante sur mon opinion. La stratégie de com de Ragemag c’est celle du FN. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je ne parle pas d’idées, je parle de communication, hein… Je vais raccourcir à dessein. J’y vais à la truelle, après tout, moi aussi, je peux faire dans la provoc.

 

Round 1 Le Pen se fait connaître à coup de grands dérapages. / Ragemag se fait connaître grâce à des billets super douteux équivalents à des dérapages.

Round 2 La proportionnelle permet au Fn de se légitimer sur les bancs de l’assemblée, acquisition d’une légitimité / Ragemag recrute des blogueurs installés et insoupçonnables pour sa partie blog : acquisition d’une légitimité. Regardez, si ces blogueurs sont chez nous, c’est qu’on est des mecs bien.

Round 3 Départ de Jean-Marie Le Pen. / Curieusement Arthur le boss de Ragemag a disparu depuis quelques temps et Benjamin Sire est devenu le nouveau.

Round 4 Stratégie de dédiabolisation par Marine Le Pen, on fait semblant de faire le ménage, on ne dérape plus, on fait « propre » / Stratégie de dédiabolisation par Benjamin Sire : on était jeune, on était beau, on sentait le sable ranci mais promis juré craché, on a compris maintenant.

 

Tout ça pour dire quoi ? Que quoique qu’il se passe, Ragemag s’est construit sur un truc odieux : la fin justifie les moyens. C’est crade. Et aucune opération mains propres peut racheter ça. Comprenez- moi bien : je ne vise pas la plupart des contributeurs de ce site qui font du bon boulot et sont des gens très bien. Je vise les têtes dirigeantes. La manipulation à ce point-là, ce n’est pas cautionnable.

 

Ragemag peut devenir ce qu’il veut, je continue de boycotter. Parce que ces méthodes-là, si on les laisse passer une fois, nul doute que ça va recommencer : un autre site, un autre blog. Je veux bien qu’on se fasse baiser la gueule une fois mais deux, ça devient de la bêtise.

 

10 commentaires sur “Ragemag : la fin justifie les moyens.

  1. Je comprends la colère et la logique mais je pose une question.

    Toi et d’autres trouve que le site pue. Le site essaie de faire un mea culpa et de repartir sur des bonnes bases. Et tu trouves que ça pue double. Admettons.

    Mais dans ce cas quelle solution pour Ragemag afin de repartir sur des bonnes bases ? Est-ce que ça aurait du se faire progressivement en silence sans que le nouveau redac chef s’explique ? Ou est-ce que le site était pour toi condamné ?

    Je prends pas parti je me demande juste ce que toi tu aurais voulu qu’ils fassent pour te convaincre.

  2. P… de bonne question.

    Je crois que ma réaction est viscérale et personnelle. Ragemag pourrait devenir un truc formidable que ça ne changerait rien pour moi.

    En fait, je crois que l’équipe dirigeante prend les gens pour des cons. Disons que leur démarche est honorable mais qu’ils n’ont aucune crédibilité à mes yeux, ce qui tue automatiquement leur démarche.

    Le billet de blog qui a mis le feu aux poudres (un truc sexiste mais alors c’était ahurissant) était publié depuis 3 semaines. Je veux bien qu’on ait pas le temps de vérifier mais trois semaines, c’est long hein… Sans compter que le type en question, ils l’ont bien recruté pour ce genre de conneries.

    Après si Ragemag s’achète une ligne éditoriale, qu’on puisse identifier leur adn clairement, et que les gens continuent de lire et de défendre ce site, voire gagne du lectorat. Grand bien leur fasse.

    En ce qui me concerne c’est mort.

    Je ne sais si ça répond entièrement à ta question mais quelque chose qui s’est construit de manière aussi merdique mériterait une dissolution. Quitte à ce que l’équipe qui reste monte autre chose. Mais ce n’est que mon avis de bourrique psychorigide :p

  3. Oui j’imagine que ce proverbe à la con s’applique à l’antiracisme, au féminisme, à la défense des droits des homosexuels, à la shoah ?

    Oups un point Godwin

  4. Triste procès d’intention que vous nous faites. Mais au moins deux choses à rectifier. La première est qu’Arthur n’est pas parti et Benjamin était déjà numéro 2. L’équipe grossissant, une redéfinition des rôles a été effectuée. Si vous prenez le temps de regarder l’organigramme en dessous vous verrez d’ailleurs que ça a encore bougé. La seconde est que la ligné idéologie a toujours été claire : Ragemag est un magazine socialiste et donc antilibérale. En tant que magazine de gauche radicale, nous nous opposons à la droite libérale et l’extrême droite réactionnaire et nous participons au débat d’idée au sein de notre camps, même s’il nous est arrivé de le faire de manière très violente.

    Bien à vous

  5. oui oui.

    Et Michea est le chef des petits poney violets…

    Ms puisque vous êtes si formidable, pourquoi se planquer derriere un pseudo rageux anonyme ?

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