Chroniques des enchantements #100daysOfHappiness part 9 & 10

C’est @bacicoline qui m’en a parlé : un hashtag #100DaysOfHappiness et toi, pendant cent jours, tu prends en photo ce qui t’a rendu heureux. J’aimais beaucoup l’idée. Je l’ai même proposé comme exercice à une dame un peu perdue, comme une discipline pour reprendre pied dans la vie et puis, dimanche dernier, une coïncidence m’a décidée à participer, mais comme je suis une quiche absolue en photo, je me permets une variante.

 

Les vacances. Peut-on se sentir malheureux en vacances, du moins, ne pas gratter quelques instants de grâce ?
 

Je n’ai pas tout noté, mais il y a eu les fous-rires avec Virginie, les enfants heureux, les réflexions de mon père, même si je ne garde que le meilleur. Le soleil, la mer, le sable sous mes pieds, les barbecues, l’herbe sous mes pieds. La gentillesse de ma belle-mère et les repas pantagruéliques. Le pastis et le rosé. Extrêmement importants, le pastis et le rosé ! Les siestes et les grasses matinées de mes enfants. Le bonjour aux petits vieux du village, éternellement assis sur leurs bancs, ersatzs du muppet show ; la voiture google qui vraisemblablement est passé dans le village, créant une avalanche de questions auxquelles je m’empresserai de répondre à la boulangerie. L’amabilité des patrons de la paillote sur la plage, mon perrier citron et mon matelas. Ma fille qui me manque parce qu’elle est en colonie et que pour la première fois de ma vie, je ne peux pas la joindre si je veux. Je me retiens de lui envoyer des textos et lorsqu’elle m’en enverra un, je vais sauter de joie ! Elle est heureuse, elle s’éclate mais son frère et moi lui manquons. Je réalise que même si nous menons chacun notre vie, nous sommes relativement fusionnels. Il faudra faire attention à ça.
 

Les cafés, fumer des clopes en cachette de mon père. Son jardin si paisible. Les dîners sur la terrasse et l’éternelle question à 8h30 du matin : « Mais qu’est-ce qu’on mange ?! ». Manger une glace assise sur le muret de la plage à Banyuls avec les jambes qui pendent dans le vide. Les deux petites filles au loin qui continuent de plonger malgré le soleil qui se couche ; Elles sautent, on les entendrait presque rire, remontent à l’infini. Et elles ont beau être à 150 mètres, je sais qu’elles se fabriquent des souvenirs pour la vie. Mon père qui parle de notre bateau et de mon enfance : avec Julien, mon super pote de vacances pendant dix ans, on grimpait dessus et Papa nous amenait chercher les croissants du matin dans le village d’à côté. En bateau. Julien, concentré et sérieux comme tout, demandait en conduisant « Ça passe ? » et mon père se planquait pour ne pas éclater de rire car il y avait bien 10 mètres de marge de manoeuvre de chaque côté. On sautait du bateau, arrivés au port et on partait en courant tous les deux à la boulangerie. C’était la classe quand même !
 

Nous n’avons plus de bateau depuis longtemps à présent… Virginie qui fait le barbecue sous une pluie battante. La ventrèche (orthographe ?), les merguez et les saucisses. La passion de mon fils pour le melon. Ses réflexions : « C’est pas facile d’être une fille : 1/ Le sexisme 2/ Les règles 3/ Les pervers « . Les éclats de rire de ma fille, qui plus elle grandit, mieux elle est dans ses baskets, je le sens. Nos commentaires avec Virginie sur nos voisins. Papa qui dit au sujet des accords écolos : »Les États-Unis, c’est comme la CGT, ça refuse de signer ». Mon coup de coeur pour un mec qui bosse sur un marché : beau comme un dieu, 40, 45 ans. C’est bon quand ça arrive, j’ai des élans encore. Il m’a dit en riant « Ramenez-moi un café ». Je suis revenue plus tard avec un perrier. Il a ri encore. Dieu qu’il était séduisant.
 

Bref, rien de fascinant, mais une avalanche de petits bonheurs. Cependant la fin des vacances approche et j’aime cette idée aussi. Trois semaines, c’est mon max, je pense. Je commence à avoir envie de rentrer à Paris, être chez moi. La collectivité, ça va quelques temps.
 

Surtout je pense à lui depuis hier. Il me manque toujours même si je ne l’ai pas vu depuis plus d’un an. Je lui en ai voulu, j’ai été en colère, son silence. Je suis douée pour le bonheur, j’y travaille, je prends soin de ma vie. Je l’ai éliminé au fur et à mesure de tous les réseaux sociaux, espérant qu’il disparaîtrait de ma tête si je n’avais plus de traces. Il n’empêche, il restera toujours l’ombre sur le tableau. Une ombre légère, fugace, mais toujours présente. Je ne comprends pas ce qu’il est pour moi ; dès que je trouve une définition, elle tient quelques temps et puis s’effondre.
 

Alors si tu me lis, sache que ça reste inconditionnel. On se l’est dit que toi et moi, c’était inconditionnel. Que j’espère que tu vas bien, vraiment bien. C’est sincère. Que tu as réussi à être heureux, ce défi murmuré à mon oreille la dernière fois que l’on s’est vu. Enfin, l’avant-dernière. Ce défi, même si je ne sais si c’était une profession de foi ou si tu essayais de te convaincre plus que moi ; ce défi que j’ai répété à ton oreille à mon tour. Que tu as réussi à trouver ce que tu cherchais tant. Sache que je ne parle plus de toi à quiconque, parce qu’à part me regarder d’un air désolé ou ne pas savoir quoi me dire, je n’obtiens pas plus de réponse des autres que de toi. Sache que lorsque j’envisage rationnellement que je ne te verrai plus jamais, que je n’entendrai plus jamais le son de ta voix, ça me semble vertigineux. Sache que si j’ai coupé les ponts, c’est parce que tu n’as jamais répondu à mon ultime message, la lettre… Sache que je ne t’en veux plus. Sache que j’ai pensé que c’est ce que tu voulais, parce que j’imagine que tu étais plus serein ainsi. Sache que quand je pense à toi, j’ai la faiblesse de penser que c’est de temps en temps ton cas. Sache que je suis toujours là même si je ne comprends pas, que je n’ai jamais vraiment compris ce qui me liait à toi. Que j’ai pensé que le temps ferait son oeuvre, mais que ce lien si fragile survit en dépit de l’absence. C’est presque de l’ordre de la foi, toi et moi. Faith.
 

100 days of happiness, un grand ciel bleu avec juste l’esquisse d’un nuage.

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