Lâcher la rampe

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Bon, voilà, on y est. Le pétage de plomb. Le pire c’est que je l’ai vu arriver gros comme une maison, il ya dix jours, j’avais dit à Isa « je vais péter un plomb au tribunal ».
 
Et voilà : j’ai littéralement pété un boulard cet après-midi au tribunal. Je n’y étais pas en audience, je devais juste porter un papier très urgent et j’ai explosé pour un quiproquo. J’ai tellement honte de ce que j’ai fait que non, je n’expliquerai pas. Sachez juste qu’il y a un type qui me déteste depuis cet après-midi, pour lui je suis la dernière des connasses et il a raison. Je me suis comportée de manière odieuse. Écris quand ça devient gênant dit Olivier, certes, mais je viens de trouver les limites du système.
 
J’ai tellement honte que je me suis précipitée dans une Église en bonne et incorrigible catholique que je suis, j’ai fait brûler un cierge pour ce mec et j’ai demandé pardon. Je lui ai présenté des excuses à deux reprises face à face, mais il m’a jetée. Et il a raison : il n’a pas à écouter mon contexte.
 
J’ai merdé. Le propos n’est pas de se rouler dans la culpabilité, le propos est de constater. Je suis rentrée à la maison et j’ai tout raconté à mes enfants, leur présentant des excuses par la même occasion parce que j’ai été odieuse ce week-end. Enfin, le truc, c’est que j’ai raison sur certains points, mais que je suis allée trop loin. Plus précisément, je perds les pédales et si j’ai confiance en mon jugement normalement, force est de constater qu’il faut que je me méfie de moi en ce moment parce que je suis à bout. Je ne suis plus lucide. Une lame de fond me gouverne et elle pose un prisme biaisé sur les évènements.
 
Dont acte.
 
Vendredi, j’avais discuté avec un mec que je connais à peine. Un concours de circonstances, son histoire fait rebond sur la mienne, j’écoute attentivement et cet homme m’explique comment je dois faire. Personne ne m’explique plus comment je dois faire. Surtout pas un mec, hein (ça vous le mettrez sur mon côté misandre). Depuis quelques années, je suis Nat, celle qui sait, celle qui débloque les choses, celle qui entoure les gens qu’elle aime de conseils et d’indulgence, celle qui va bien. Je suis Nat, celle qui s’est mise à l’abri, celle qui aspire à une vie sereine et s’en donne les moyens. Et voilà un être de 10 ans de moins que moi au bas mot qui m’explique « la vie ». Personne ne me dit plus ce genre de choses, ça avait un côté très rafraichissant. Il y avait une innocence – il n’a pas la moindre idée de ce que j’ai pu vivre – et à la fois du bon sens. J’ai écouté, mais j’en laissais. Je restais en haut sûre de mon expérience et de ma vision, mais quelques jours après, je redescend de mon piédestal que je me suis forgée toute seule (ha l’orgueil…) et je reconnais qu’il avait raison quelque part. Je déborde. Retourner voir un psy ? J’en soupire d’avance. Pourtant, il va bien falloir faire quelque chose.
 
Lorsque j’ai raconté les évènements d’aujourd’hui à mes enfants, les deux m’ont dit à peu près la même chose : « ça arrive à tout le monde de merder » pour ma fille et « ta vie est très compliquée quand même » pour mon fils. Je les remercie pour leur indulgence. J’ai rappelé Véro aussi sec pour me faire une séance de PBA. J’ai laissé un message à Victoria, c’est okay pour l’hypnose, t’as gagné. N’importe quoi pourvu que j’arrive à laisser sortir ce que je ressens vraiment. Il a raison ce mec, il faut un temps hebdomadaire d’hygiène mentale. En tout cas en ce moment.
 
Olivier a prononcé pour la dixième fois le mot « burn out ». Tu flirtes avec le burn out Nat. Isabelle m’a dit « le problème, c’est que tu es une optimiste et que dès que tu récupères un peu, tu repars pour un tour ». Et le blog ne suffit plus. Ma façon de gérer mon rapport au monde, à moi, ne marche plus, il est devenu insuffisant et je ne comprends pas pourquoi. Je ne sais peut-être plus ce que je ressens vraiment. Je suis incapable de l’identifier.
 
Je me lève chaque matin, je fais mon sport, je suis organisée, je fais tout pour que ça roule. Je ne tourne plus rond quand même. Une remarque sur l’état de mon appart car je n’arrive pas à finir les travaux et je m’effondre. Ça devient débile.
 
Tout ça pour dire quoi ? Qu’il a fallu que je m’en prenne à quelqu’un qui n’avait rien à voir avec l’histoire pour prendre une monumentale leçon d’humilité. J’ai tellement bossé sur moi en dix ans que j’ai pêché par orgueil. Je pensais n’avoir besoin de personne ; je ne suis qu’un être humain. Ce que j’ai pulvérisé il y a 9 ans – Nat la formidable – je l’ai reconstruit d’une autre manière. Schéma quand tu nous tiens… J’ai beau travailler sur moi, j’ai beau mettre en place des moyens de me gérer, je peux parfaitement me transformer en Isabelle Adjani dans « Camille Claudel » : c’est moi.
 
« TU M’AS TOUT VOLÉÉÉÉÉ RODIN »
 
« Je ne suis pas folle, vous savez ? Bonsoir ! »
 
J’ai honte, je suis mortifiée, mais je l’aime bien cette leçon d’humilité. Ça fait du bien quand même. Ça, vous le mettrez sur mon côté maso. Je suis dépassée par la situation de toutes parts et il est grand temps que… je demande de l’aide.
 
Voilà, c’est ça. J’ai besoin d’aide, je ne m’en sors plus toute seule. J’ai tout verrouillé pour ne plus dépendre de qui que ce soit, mais on en revient toujours au même : on a tous besoin d’aide.
 

2 commentaires sur “Lâcher la rampe

  1. chère Camille, tu n’as pas autant de chat que ça, et c’est classe de dire que tu as besoin d’aide. Allo? Pour de vrai autour d’un pot avec Victoria et Fred? Je t’entoure de mes baisers

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