Burn out politique

Ospedale psichiatrico "S. Maria Maddalena" Psychiatric hospitals Insanity
Ospedale psichiatrico « S. Maria Maddalena » Psychiatric hospitals Insanity

Bon.

Ça fait quelques semaines qu’on nage en plein délire collectif, tout le monde a lâché la rampe. Plus personne n’a de filtres, ça sort comme ça vient.

Je vais vous aligner quelques exemples sans hiérarchie :

– Julien Dray « Un député a besoin de 9 000 euros net par mois ».
Peux-tu nous détailler le budget s’il te plait Julien, parce que là c’est pas très clair pour tous ceux qui vivent avec 2000 balles par mois.

-Charles de Courson veut augmenter l’enveloppe pour les collaborateurs parlementaires de 9700 bruts à 15 000.
Même question.

-Les Républicains ont publié ça :

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Dois-je vraiment commenter cette image dégueulasse ?

-François Fillon voit des nouvelles imaginaires, de la tentative de suicide de sa femme à des attaques au rasoir sur d’autres femmes.
Un psy ?

giphy

-On manifeste contre les juges.
Soupir

-Nadine Morano aux journalistes :

Est-ce que quelqu’un peut expliquer à Morano que c’est le propre du job des journalistes de… poser des questions #WTF

-Ségolène Royal à propos de manifestants :

Est-ce que quelqu’un peut expliquer le système démocratique à Ségolène ?

-Vincent Peillon : « Il semblerait qu’il y a des gens de l’UMP et du PS qui se mettent ensemble, il y a quelque chose de têtu dans l’Histoire, c’est comme cela que l’on sait qu’il y a eu des chambres à gaz et qu’on ne peut le nier, il y a des gens de l’UMP et du PS. »

Vincent, ce n’est pas parce que tu mets des mots les uns à côté des autres que ça fait une phrase. Pour un ancien ministre de l’éducation, comment dire…

-Tout le monde : machin fait monter le Front National.
Ad lib.

Je n’ai cité que des trucs qui datent d’il y a quoi ? Deux semaines à tout péter ? (à noter que si j’aligne les news les unes après les autres, ça ne sous entend pas une horizontalité de l’importance, hein…)

Mais ils prennent quoi tous ?! Collard aurait foutu un truc dans la flotte de l’assemblée ou bien ?

« On » parle vrai. C’est le nouveau mot d’ordre. Macron pas délicat pour un sou balance à la tronche des gens du nord leur soi disant alcoolisme et fainéantise. Mais je dois lui reconnaître une chose alors que je suis loin d’être fan : l’énergie que tout le monde met à lui taper dessus va finir par me le rendre sympathique. Même Hamon qui se tient à peu près a balancé une bêtise : « Avec Emmanuel Macron, la France serait ingouvernable ».

Heu… On parle du précédent gouvernement ou bien ? De l’ambiance au PS ?

On marche tellement sur la tête en ce moment que Fillon se voit comme un rebelle. C’est dire le stade de délire, de dévoiement de la réalité où nous sommes.

C’est-la-faute-aux-internets ? Aux jeux video ? Qu’est-ce qui s’est passé pour que nous passions d’un FN grillant avec une régularité confondante les lignes jaunes à une classe politique qui s’y met toute entière ? Tout les emmerde, tout ce qui les contrarie est à huer (les sympathisants de Melenchon s’en sont fait une spécialité avec certains médias). Ils ne supportent plus rien. La conclusion est tentante :

Notre classe politique serait-elle en plein burn out ? À force d’être scrutée en permanence, commentée en permanence, à force que les petites phrases donnent le tempo, elle a pété un plomb. Elle est soumise à une pression dingue et elle le devient. Médiocre aussi. Les 3/4 tiennent le choc, ceux dont on ne parle pas, les maires, la plupart des députés, mais les têtes d’affiche craquent.

Et il n’y a aucune solution. Personne ne lâchera la pression : ils continueront de vouloir exister à tout prix, les médias pour survivre continueront de tout mettre au même niveau, tout monter en épingle et nous on continuera de les consommer. On consomme de l’info politique, reel facts ou fake news on s’en fout, on se gave comme des boulimiques ; on s’empiffre. C’est « la grande bouffe » avec l’issue que l’on connait, dois-je le rappeler ? On se dégueulera. Ce qui veut dire que ce que j’ai cité n’est rien en comparaison de ce qui arrive… Nous sommes juste au mois de mars, je suis convaincue qu’en avril, on pourra faire une parure avec tous les points Godwin atteints.

Je pourrais me détacher et laisser tomber, mais si tu ne t’occupes pas de politique, elle, elle se chargera de toi.

Le Canard enchaîné a eu entièrement raison de balancer ce qu’il savait sur François Fillon. Mais en le rythmant comme une série, il a crée une pression qui, je pense, a fait que Fillon est devenu fou. J’entends parfaitement que pour des raisons économiques, ça soit plus rentable de faire ainsi. Et finalement François Fillon est le candidat de la rentabilité à n’importe quel prix, donc de ce rythme là en quelque sorte. N’est-ce pas ironique ?

Le pire ? On ne peut pas revenir en arrière. L’époque est à l’outrance, l’époque est donc au déni : il n’y a pas d’autres moyens de tenir. Je ne sais pas jusqu’où on va aller pour finir immanquablement exsangues. Nous sommes tous comme des chiens enragés qui ne lâchent pas leur bout de gras. On finira à terre. Il n’y a plus de limites. « On » n’obéit même plus aux convocations des juges.

Il n’y a aucun candidat à la présidentielle capable et digne de cette fonction. Voilà où on en est. C’est aussi probablement pour ça qu’ils pètent tous un plomb. Aucun n’est sûr de sa vision, l’époque est au doute, en tentant de vous convaincre, c’est eux qu’ils souhaitent désespérément convaincre ; le grand doute. Est-ce pour cela que Macron hurle comme un dératé à la fin de ses meetings ? Plus ils braillent, plus leurs incertitudes deviennent flagrantes. Ils modifient leur programme en cours de route cf les évolutions de Hamon sur ce qu’il a osé appelé « revenu universel » qui n’avait d’universel que le nom. Les paradigmes classiques se pètent la tronche. C’est pour ça que la réponse est le déni. Sérieusement, vous, vous seriez candidat, vous sauriez de manière certaine ce qu’il faut faire ? Plus de libéralisme ? Plus d’État ? Union Européenne ? En sortir ? Intervenir en Syrie ? Ou pas ? Tu préfères des bras en mousse ou des jambes en bois ? Arrêtez de faire les marioles en prétendant que vous savez, que vous êtes sûrs. La politique n’est faite que de choix impossibles en ce moment parce que quelle que soit la décision que nous prenons, nous allons faire mal. Ça c’est un fait.

Il n’y en a qu’une seule qui ne vacille pas et on connait son nom. C’est la plus dangereuse…

À tout problème, il y a une solution et quand il n’y a pas de solution, il n’y a pas de problème. Et je ne saurais dire trop pourquoi, mais tout ça me redonne envie de revoir Mélancholia. Enfin si, j’ai une petite idée : parce que pendant ce temps-là, pendant qu’on s’écharpe, qu’on se fout sur la gueule, qu’on devient dingue, la planète crève. Elle a son propre rythme bien loin des petites phrases et personne, plus personne n’est à la hauteur de l’enjeu, ni vous, ni eux, ni moi.

2 commentaires sur “Burn out politique

  1. En même temps, vu le nombre de caméras qu’ils ont sur eux, je trouve cela logique qu’on puisses les voir dire des conneries.
    Je n’excuse pas leur comportement, mais il faut relativiser ce spectacle.

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