Une manière de négocier avec le monde : tout ira bien (One).

Diane Keaton

J’ai commencé en février 2018. À bout de souffle et sur les conseils d’Adri, je prenais rendez-vous avec Pauline. Elle m’avait envoyé son questionnaire par mail et je le remplissais scrupuleusement.

C’est quelque chose… Il n’y a jamais personne à qui on livre tout, j’entends par là quelqu’un à qui on raconte tous ses traumatismes la première fois. Ça n’existe pas. On filtre ou on distille, mais rien n’est posé sur la table en une seule fois. Le questionnaire était sous forme de QCM, sauf qu’on pouvait cocher plusieurs cases : il était question ici de stress physiques (opérations, chutes, membres fracturés, interruption de grossesse etc), chimiques (pilule, hormones, antibiotiques etc) et émotionnelles (ai-je besoin de préciser ?) plus un bilan succinct d’état de santé. C’est quelque chose… Je cochais mes cases et peut-être pour la première fois de ma vie, je réalisais que c’était un petit miracle que je sois à peu près saine d’esprit ; ce que certains peuvent discuter j’imagine.

À bout de souffle, au born du burn out, je m’allongeais sur la table de Pauline. Je n’ai pas compris comment ça marchait, encore maintenant je ne comprends pas vraiment. Je sais juste que j’ai trouvé une manière de négocier avec le monde au quotidien. J’ai écrit sur ce sujet il y a peu et il était question de trouver une activité propre à soi qui serve de filtre, de protection, de défense mentale face aux différentes agressions du monde qu’elles soient légères ou graves. Je crois fondamentalement à la puissance de la psy qu’elle s’incarne dans un psychiatre, un psychologue ou un psychanalyste, mais je crois aussi à ses limites. On ne peut pas tout décortiquer en permanence, au bout d’un moment on tourne en rond. Je crois aussi que ce travail de restructuration mentale – rien ne disparait jamais vraiment, tu arrives juste à trouver une place à ta pierre angulaire à un moment X jusqu’à ce que la vie te la déplace et c’est reparti pour un tour. Il n’y aucune issue de mon point de vue à nos traumatismes, on négocie avec, c’est tout – a besoin de s’incarner. S’incarner dans la chair.

C’est ma conviction, elle vaut ce qu’elle vaut. Très confusément, je pressentais que le travail psy ne s’était pas connecté à mon corps. Or on le sait les traumas laissent des traces corporelles. Depuis février 2018, séance après séance, je raccorde tout le travail effectué depuis des années : psy courte, psy longue et ce blog. J’avais tenté ce raccordement à travers l’osthéopathie, mais au final je trouvais que ça ne persistait pas. J’ai fait un travail avec ma chère amie Véro à travers la PBA (que je saurais trop recommander encore une fois, je donne les coordonnées à qui veut), mais le quotidien rendait difficile la régularité : géographie, manque de temps etc.

Pauline est parfaite parce que sa méthode me correspond parfaitement et ne nous leurrons pas la proximité géographique aussi. Alors de quoi je parle depuis tout à l’heure ?

Il s’agit de chiropractie network. « L’approche Network consiste en des contacts manuels, doux, brefs et précis le long de la colonne vertébrale.Ces légères pressions permettent à votre corps de passer d’une physiologie de stress (douleurs, raideurs, maladie, traumatisme…) à un état de bien-être durable, où le corps peut restaurer sa capacité de guérison et développer de plus grandes capacités pour faire face aux différents stress du quotidien.

En réponse aux stress physiques, chimiques et émotionnels, notre corps emmagasine de la tension dans différents systèmes du corps (les muscles et les tendons, les tissus connectifs ou fascias, les articulations notamment vertébrales, les nerfs, les méninges qui entourent la moelle épinière…) (…)Plus qu’une approche de santé, les soins Network s’inscrivent dans une nouvelle manière d’aborder l’être humain, qui met l’accent sur l’amélioration de sa qualité de vie et de son bien-être, plutôt que sur le seul traitement d’un symptôme ou d’une maladie. (…) Network s’adresse à tous ceux qui veulent faire des changements dans leur corps et dans leur vie, qui se sentent parfois bloqués ou limités. La Chiropratique Network ne soigne pas de maladies. Mais elle permet d’acquérir des outils pour se sentir mieux, pour apprendre à faire face aux différents stress de la vie, pour gérer un problème chronique, pour améliorer la qualité de sa vie. Network s’adresse également aux personnes qui vont bien mais qui souhaitent approfondir leur travail sur soi, par le corps. (…) Dans un premier temps, vous serez allongé sur le ventre. Le chiropraticien va effectuer des contacts manuels doux, brefs et précis le long de votre dos. Cette première partie des soins a pour but d’apprendre à votre système nerveux à dépister et à dissiper les tensions accumulées dans les tissus de l’organisme au travers du développement d’une onde respiratoire. » 

Précisons tout de suite que certains considèrent ça comme du charlatanisme et je n’ai pas de réponse à leur apporter. Pauline n’a jamais prétendu que sa pratique remplaçait un médecin ou des méthodes traditionnelles. Elle est une des personnes les plus bienveillantes que je connaisse et jamais elle ne m’a dit quoi faire. Elle écoute. Point.

Ce que je constate moi c’est que si mes agacements persistent au quotidien, la moulinette a complètement disparu. Ce qui explique aussi que j’écris moins d’ailleurs. Par moment j’étais complètement obsédée par un sujet ou une phrase que je mâchouillais pendant des heures, des jours voire des semaines. Il y a une forme de lâcher prise de ma part assez étonnante. Rien ne m’envahit vraiment finalement. Je peux me mettre en colère, ne nous leurrons pas, on ne change pas vraiment, mais c’en est fini de gonfler mon entourage pendant des heures au téléphone, cette manie chez moi de mastiquer et décortiquer quelque chose qui me faisait bondir jusqu’à épuisement.

L’obsession.

Si un évènement me travaille, il atterrit presque directement ici à présent.

Au stade où j’en suis de mon travail avec Pauline, on fait de l’ancrage je crois. Je ne cherche pas à devenir un moine bouddhiste, je reste italienne, mais je ne gaspille plus d’énergie ou de moins en moins. J’ai eu un pic obsessionnel de janvier à avril je crois, mais très curieusement il s’agissait de vieux dossiers dont un auquel j’ai réussi enfin à mettre un point final. Je suis sur le chemin de cesser de comprendre l’irrationnel chez les êtres humains : pourquoi font-ils ça alors que cela semble complètement contradictoire ? Ça me travaille 24h et puis je m’en fous. En fait c’est leur problème, pas le mien, il y a suffisamment de personnes formidables en ce bas monde pour que je ne perde pas mon temps avec ce qui ressemble, pour moi, à une cause perdue. C’est une révolution me concernant.

C’en est fini des causes perdues, mon passe temps favori depuis des décennies. C’est fou !

Je ne sais pas s’il y a une fin à ma relation avec la chiropractie. J’y vais tous les 15 jours et je pense passer à 3 semaines à la rentrée. Je sais juste que lorsque j’en sors, je me sens bien, j’ai de l’énergie et je me sens si ce n’est cohérente, au moins en union. En séance j’ai spontanément des visualisations positives (je ne vais pas détailler ici, je pense qu’on me prendrait pour une dingue), mais la petite fille et l’adulte en moi sont proches, amies, bienveillantes, veillant l’une sur l’autre. Ça c’est une sensation très forte.

J’ai remarqué aussi que l’une des phrases que je dis le plus depuis quelques temps aux personnes avec qui je discute de problèmes sur lesquels elles peuvent agir, c’est :

Tout ira bien.

On ne dit pas assez cette phrase autour de nous. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura plus d’épreuves, juste que si tu vis en conscience (spécial dédicace à Miguel Benasayag et son « pisser en conscience » ) il y aura toujours une issue.

Tout ira bien. Et l’ineluctable sera vécu.

À quoi ça sert de distribuer son scepticisme, son pessimisme à tour de bras ? Je le pense à mon sujet, alors pourquoi ne pas le déposer aux pieds de ceux et celles que j’aime ?

Tout ira bien, comme une espérance, une aube, une ouverture. Je vois le bien que cela fait autour de moi. C’est déjà ça, non ?

Je crois que c’est aussi en partie pour ça que l’aube de la cinquantaine est si douce. Je vois clair. Chaque personne à laquelle je tiens et qui sollicite mon opinion, je crois que je lui réponds en empathie et avec des outils qui me semblent évidents. Ça ne veut pas dire que j’ai raison, mais c’est profondément cohérent avec mon système de pensée. En 2013, je me demandais qui me dirait que tout irait bien. 6 ans après, j’ai la réponse : c’est moi.

Je vois clair. Je ne suis plus trop encombrée. Grâce à mes enfants, mes amis, ma famille, la psy, le blog et maintenant la chiro, ma batterie de casseroles est bien rangée et légère. Je ne la traîne plus comme un fardeau, mais comme une somme d’expériences qui peuvent être utile parfois à d’autres, je crois.

Fondamentalement, nous avons tous besoin d’outils pour tenir et aller bien. Il y a en des tas à votre disposition. Vous n’êtes pas obligés de tout prendre pleine balle dans la figure à l’instant T. Vous n’êtes pas obligés de répondre tout de suite à une question de vie. Vous n’êtes condamné à rien la plupart du temps (enfin s’entend pour hors prison, hein…). Il y a toujours une issue. Encore faut il avoir l’énergie nécessaire ou la dégager de sorte que.

Tout ira bien. C’est le sentiment profond que j’ai. Je suis à l’exacte place où je suis supposée être, j’en suis convaincue. J’espère la même chose pour le monde.

Aidez vous de n’importe quelle manière que ce soit et tout ira bien.

PS : j’ai conscience que c’est un billet pour bourgeois. Ce sont les limites de l’exercice hélas. Je fais partie des privilégiés qui ont le temps, l’argent pour ça. Je crois aussi que si, nous privilégiés, on fait le taf pour être plus empathiques ou si on cesse de faire mal, si ce n’est ne pas faire de dégâts supplémentaires, ça peut changer un tout petit peu la donne aussi. Il faut bien commencer quelque part…

Je ne linke pas non plus le site de Pauline pour ne pas être accusée de prosélytisme. Ceux et celles qui sont intéressées peuvent m’envoyer un mail s’ils le souhaitent : catnatt71@gmail.com

Cleo Sol est puissante. « One » :

I’m here with you (here)
I’m here with you (you)
Hold my hand and let go
Like an echo
On and on

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