Tendre la main à Solange

28 mars 2017 45 Par Catnatt

 

Solange s’est excusée. On a incontestablement avancé. Effectivement on aurait pu faire autrement qu’en public, mais à ce jour je n’ai toujours pas eu de réponse à mon message privé. C’est la première chose que j’ai faite, tenter de régler la situation en privé.

Je ne vais pas commenter la vidéo, sa forme, le ton, non ce qui m’intéresse c’est ce qu’elle dit. Elle prend soin d’expliquer la genèse du projet et elle reconnait qu’elle s’est mal organisée. C’est ballot parce qu’elle a quand même fait une vidéo sur son système organisationnel et son bullet journal. Je l’avais regardé attentivement tellement je suis moi-même une maniaque de l’organisation.

Donc elle est mal organisée.  Mais elle a été suffisamment organisée pour envoyer un mail cet été à l’une d’entre nous pour lui demander son autorisation de diffusion sur le bouquin.  Mais pas suffisamment pour rajouter nos adresses mails dans ce mail.

Quand elle dit qu’elle avait notre accord, c’est pas tout à fait vrai. Il y a un an et demi, peut-être plus, peut-être moins, cette même personne avait envoyé un mail pour faire retirer son témoignage. Et Solange ne l’avait pas fait. Donc techniquement elle n’avait pas l’accord de tout le monde.

Pour la protection de notre anonymat basée sur l’affirmation que tout avait été supprimé du mouv, il a fallu quand même que nous fassions le ménage nous-mêmes depuis deux jours. Tout était “retrouvable” en trois clics.

Ces trois points étant posés, j’accepte ses excuses.

Le plus important de cette vidéo, c’est qu’elle a, je cite, “constaté notre douleur”. Là je suis touchée. C’était pas à évident à louper non plus, entre Rue 89, le Nouvel Obs, l’Express, Libé, Mashable FR et Télé loisir…

Mais bref, tu as “constaté notre douleur”.  Constater c’est reconnaître, c’est bien. Donc tu reconnais par là-même que tu nous as placées dans une situation de souffrance. Et à voir ta mine contrite, je crois volontiers que ça te tient à coeur.

J’ai une solution très simple pour résoudre cet aspect problématique et réparer ta maladresse.  Je te propose de nous envoyer un mail  de demande d’autorisation en  bonne et due forme.  Cette fois-ci on fait les choses ensemble et proprement. Certaines te diront oui, peut-être d’autres non. Mais au moins tu seras cette fois-ci organisée et respectueuse de notre consentement. En effet ce point reste le plus essentiel puisqu’il est l’un des fils rouges de ton livre qui je le rappelle est considéré comme important car il libère la parole des femmes, la parole de femmes libres, “un manifeste contre la victimisation des femmes”.  L’absence de consentement était ce qui a motivé nos réactions. Et s’il y a un retirage de ton livre, tu n’y mettras que les témoignages consentis.

Ça je pense sincèrement que c’est un bon deal pour les deux parties.

Normalement il n’y a aucune raison après cet accord que ça déborde en public à nouveau. En tout cas pour moi, c’est une affaire classée dans ces conditions. Je n’aurais plus rien à dire sur le sujet ( et non, je ne réclamerai toujours pas de droits d’auteur à titre personnel, ça n’a jamais été la question).

J’attends ton mail.

MAJ du 30 /03/17

Renée Greusard de Rue 89 a finalement été la seule à se poser les bonnes questions de fond :

“Elle parle du féminisme aujourd’hui. Jusqu’où va la notion de consentement d’une femme ? Jusqu’où prend-on en compte ce que disent les femmes et ce qu’elles ressentent ?

Cette histoire parle aussi de journalisme, d’art et de témoignage.

Qu’est-ce que ça veut dire “récolter un témoignage” ? De quoi, nous journalistes, sommes nous tributaires quand on nous fait ce cadeau ? Et est-ce que ça nous appartient à jamais ?

(…)

Mais qu’était Solange en récoltant les mots de ces femmes sur leur vie ? Une artiste ? Une documentariste ? Une journaliste ? Une comédienne ?”

À lire ici : “Et Solange s’excusa. À sa manière bizarre