Je hais Edith Piaf

 

Une des plus belles escroqueries musicales du XXème siècle. À ce titre, j’éprouve une certaine forme de respect mais je crois qu’il est largement temps de remettre les choses à leur place.

 

Tout est dans le pathos, dans cette histoire d’amour entre Edith Piaf et le monde. Si je me place du strict point de vue de la voix, le petit fond nasillard est exaspérant, cette insupportable manie de rouler les rrr « noooon, rrrrrrrrrien de rrrrrrrrrien » me donne juste envie de la balancer par la fenêtre. « Il fait si frrrroid dehôôôrs milôôôôôrd »… Les « ô » pointus me pousseraient à l’étrangler sur place. Les « â » poussés jusqu’à la nausée m’inciteraient à lui arracher les ongles.

 

Tais-toi et bois ton verre en silence, par pitié !

 

Je n’ai jamais supporté Edith Piaf, ni petite ni adulte. Tout est surjoué. Tout est basé sur une espèce de téléréalité, la môme maltraitée par la vie qui est juste devenue une femme à l’égo monstrueux, a bouffé tout le monde sur son passage, et justifiait tout en disant « ha mais je suis malheureuse ». J’ai envie de te dire Edith, il n’y avait pas que toi.

 

Le pire à mon sens ? On aime Edith Piaf pour ses chansons… Bon, en passant qu’elle n’a pas toutes écrites loin de là, oui, pour ses chansons d’amour désespérées qui n’ont jamais été vraiment sa réalité (Excepté Marcel Cerdan qui a eu le mauvais goût de mourir avant qu’elle ne l’essore, quel salop).

 

Je lui accorde une enfance malheureuse. Mais elle en a fait son fonds de commerce. Avant même qu’elle n’ouvre la bouche, on est dans l’empathie. Non. On se noie, on s’asphyxie, on plonge, on est submergé par et dans l’empathie.

 

Edith Piaf, oui, ce n’est pas une question de talent. Oui, c’est une mécanique de téléréalité avant l’heure. Prenez la même voix, collez-la à une jeune fille de bonne famille épanouie, échec cuisant garanti. Il faut du drame, du mélodrame, du sang, des larmes et de la fureur.

 

On n’aime pas le talent chez Edith Piaf. On aime la légende. Le public se roule dedans, poussé par des méthodes de communication d’avant l’heure. La petite robe noire pour bien accentuer le côté petite veuve dans le malheur. Les grands yeux écarquillés par la souffrance au cas où t’aurais pas bien compris que la vie est une chiennasse ( sa vie d’adulte a été plutôt cool, soit dit en passant) et les mains collées sur la taille qui se crispent dans un tourment sans fin.

CECI EST UN MESSAGE A CARACTERE INFORMATIF : « J’en chie à mort, je répète, j’en chie à môôôôrrrrrt » (Pour la peine, vous aurez droit à un roulage de r en bonne et due forme et un ô pointu dans toute sa splendeur).

 

En parlant de son fameux effet d’œil, vous savez le regard bleu dévoré par la souffrance qu’elle a tellement mal au fin-fond-de-son-dedans-de-son-soi-même-qui-souffre-tant, vous savez qu’en fait c’est juste une bonne grosse pupille dilatée, hein ? Je note que fin 60, la France bien pensante s’offusque des frasques de ces « sales drogués de hippies », Jimmy Hendrix, Jim Morrison sont le mal, tout en achetant allègrement les disques de la plus grande toxico française de service … Cette chère Edith. Isn’t it ironic ?

 

J’ai même envie de vous confier une anecdote pour la peine. Son nom de scène, ça n’a jamais été Edith Piaf. C’est une contre-vérité historique. (J’aime bien cette expression, ça faisait un moment que je voulais la placer. Ca, c’est fait.) En vérité, je vous le dis, les amis, son vrai nom, c’est Edith Paf. Ouais. « Une erreur s’est glissée dans cette image ». Paf, comme toutes les baffes que j’ai envie de lui coller quand j’ai le malheur de la croiser. Ou comme « PAF ! Le chien… » qui aurait dû être son destin si j’en avais été le maître.

 

Même quand les chansons sont gaies, elle gangrène tout avec sa mélancolie surfaite. Edith Piaf, c’est la plus grande des voleuses sans être un gentleman. Quand je la vois, j’assiste au pire : le vol à l’arrachée des sentiments, le hold-up d’émotions. Sa voix en soi ne me touche pas. Un cambriolage comme un bel exercice de marketing avant l’heure, une image soigneusement mise au point. Et le monde s’est laissé dépouiller.

 

Et il continue.

 

Pourquoi cela a fonctionné ? Parce que pour durer comme ça, il faut un égo surdimensionné.

Si nous étions capables de discerner ça au lieu de nous laisser baiser la gueule comme des demeurés, nous verrions quoi ? Un chantage affectif qui a duré 30 ans. « Aimez-moi, aimez-moi ou je vais en crever … Non pas toi Catnatt, t’es capable d’arracher les fils, ce fil ténu qui me retient à la vie et qui me permet de faire des concerts catastrophiques à la fin… »

 

Edith Piaf a fait croire à la planète entière qu’elle était vivante grâce à elle. Moi, je dis que c’est le genre de bête increvable qui enterre tout le monde.

 

Cocteau, avec lequel Édith entretenait une correspondance suivie, apprenant la nouvelle de sa mort, a dit : « C’est le bateau qui achève de couler. C’est ma dernière journée sur cette terre ». Il a ajouté : « Je n’ai jamais connu d’être moins économe de son âme. Elle ne la dépensait pas, elle la prodiguait, elle en jetait l’or par les fenêtres », avant de mourir lui-même (Source wikipedia)

 

Je dis pfff. Je dis « Je n’ai jamais connu d’être moins économe de son narcissisme. Elle ne le dépensait pas, elle le prodiguait, elle jetait sa merde par la fenêtre et arrosait tout le monde avec »

Moi, c’est pas mon truc. Je ne suis pas scatophile, désolée.

 

22 commentaires sur “Je hais Edith Piaf

    1. C’est sur.. c’est honteux de dire ca. Surtout que pour connaitre autant certains details de sa vie, faut en avoir passé du temps a faire des recherches sur elle. Donc si qu’elquun a autant de temps a perdre pour quelqu’un qu’il  » déteste » , c’est qu’il ne doit pas avoir beaucoup de gens a aimer.

    2. C’est précisément ce que tu viens de faire…
      Quant au reste, si tu avais pris la peine de parcourir le blog, tu constaterais que c’est pas le cas.

      CE BILLET EST CARICATURAL !

    3. Bien bien ! Je ne pensais pas que ma petite réaction au billet de Catnatt (c’est qui d’abord ?) générerait une telle avalanche… Sinon pas besoin de faire beaucoup de recherches sur Piaf pour connaître un minimum de trucs sur elle : la presse et les médias en général s’en étaient chargés, déjà à l’époque elle était traitée comme une people.

      Et si on organisait une soirée spéciale ? Mais pas avec des gens qui choisissent « Mother Fucker » comme pseudo…

  1. Pas mal. Je ne souscris pas à tout mais au moins c’est un angle original. C’est vrai que le pathos entre pour beaucoup dans l’appréciation. Mais si par exemple on ne s’intéresse qu’à la partie mélodique (compositions, tempo, arrangements, timbre de voix), sans rien connaître de l’histoire, on peut quand même aimer. Par exemple, je ne connais rien à la vie d’Oum Kalsoum, mais j’adore les chansons, peut-être aussi parce que je ne comprends pas les paroles… Il faudrait faire écouter Piaf à un jeune… Grec ? qui n’en a jamais entendu parler, et écouter ses commentaires. Bon dimanche.

  2. Pourquoi autant de haine??
    Edith piaf est et restera la chanteuse française la plus connue et ce n’est pas uniquement par ce qu’elle inspirée pitié , sa voix tellement particuliere y est pour quelque chose!!!
    Après c’est ton point de vue et libre a toi de penser ça….

  3. D’abord, c’est essentiellement un billet caricatural, je pense que ça se voit quasi d’entrée de jeu. Cependant je n’apprécie pas du tout Edith Piaf.

    Mais juste une question, comment m’avez-vous trouvée, je suis curieuse 🙂

    1. Je cherchais le titre original de « La Foule ». Google mène à tout, à condition de se laisser divaguer un peu. On devrait recenser tous ceux qui roulent les R :-).

    2. Surtout qu’il date de juin, non ? Keski t’a pris en juin ? En fait c’est bizarre, je viens justement la semaine dernière de visionner le film de Dahan en DVD. C’est vrai que ça appuie pas mal sur le misérabilisme. Mais c’est un peu comme Baudelaire – c’est rare que les gens heureux pour qui tout va bien deviennent des grands artistes. Faut toujours être un peu torturé sinon ça donne du fade…

  4. @Nalib Tergals

    lol! En fait c’est un billet de commande pour un blog zic qui demandait un truc sur un artiste que je déteste.Or je ne deteste pas vraiment en général !

    1. Moi non plus mais comme je disais au début, l’angle me semblait original, et puis j’aime bien le côté « quand tout le monde trouve un truc génial, ça me rend méfiant ». Genre « Amélie Poulain » ou les ch’tis, par exemple.

  5. Pour ma part je suis tout à fait « insensible » à Edith Piaf voire quelques fois « agacé » par cette escroquerie. Ce n’est ni de la haine, de l’ignorance, de l’inculture et j’en passe …. c’est juste mon avis……

    see ya.

  6. Heureusement, le posteur de cet anti-Piaf a terminé en écrivant « désolée » ; ce mot « désolée » annule tout ce qui a été écrit plus haut ; c’est un manque réel de conviction. Je pourrais moi même m’en prendre à tous les chanteurs « sans voix, sans texte » etc… Ils existent, ils ont leur fans que je respecte. Piaf comme une minorité de chanteurs aujourd’hui pouvait chanter et se faire entendre sans micro. Mettez la plupart des chanteurs, sans micro, sans arrangement devant un public : grande serait la déception. Si vous voulez écoutez une bonne reprise de « non, je ne regrette rien, je vous conseille Patty Pravo.

  7. oh!!!que c est moche de dire toutes ses vacheries sur édith piaf!!! cette femme était une ARTISTE & UNE FEMME superbe malgré ce que vous en pensez!!!je vous plaint pauvre ignare! moi je L ADORE & la VENERE depuis ce 11 octobre 1963 ,jour ou elle nous a quittée! il n y as qu une EDITH PIAF souvent imitée jamais égalée!!!pas une ne lui arrive a la cheville!!!elle laisse son noim a l histoire !!!vous que laisserez vous?????????? a part vos commentaires a la con?????

  8. j’t’emmerde, ça te va comme réponse ?
    Ja fais ce que je veux, je dis ce que je veux

    Si t’es pas foutue de comprendre le 45eme degré, t’es perdue pour la cause.
    Pas la peine de revenir, vous avez fini par me gonfler, je suis chez moi, je supprime les commentaires.

    Haaa
    Ca fait du bien d’être aussi con que la moyenne parfois

  9. L’envie me prend de hurler « OUI ! OUI ! OUI ! ». Pas que Miss Pilaf me pourrisse spécialement la vie (pour ça, s’adresser à l’autre Monstre Sacré d’Optic 2000). Mais je souscris néanmoins à cette analyse. Où est la finesse ? Où est la pudeur ? Des hurlements, du pathos à gogo, il y a un moment où il faut arrêter le délire. Et Dieu sait qu’on peut rouler les R de fort jolie manière, regardez donc les popeux Ecossais.

    Et j’ajouterais : pas besoin de se demander où Loana a puisé son inspiration pour monter son plan de carrière en mode Calimero. Merci encore Edith.

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