De la patience

10 novembre 2010 5 Par Catnatt

 

 

Hamilton hand-netting for macro-plankton from Aurora / by Frank Hurley

 

Ca fait 10 mois que j’ai 39 ans et je perds patience. Pourtant, il va bien falloir négocier avec ça, et si je suis lucide, eh bien il est temps de faire une seconde lecture de cette période poussive.

 

Donc, comme je ne crois pas au hasard, parce que je ne crois pas à l’aléatoire, au mode shuffle, je m’asseois sur un banc quelques instants et je réfléchis.

 

Je me suis débrouillée, inconsciemment, certes, pour apprendre de force la patience, qualité qui ne fait absolument pas partie de ma personnalité.  Avoir 39 ans est désagréable, j’aimerais autant en avoir 40 de suite. Ce n’est pas possible, j’essaye de prendre de l’avance, je dis que je les ai, mais c’est faux, je suis entre deux eaux.

 

J’ai l’habitude de briser, d’appuyer sur le bouton “delete”, de partir tous les sept ans, là, c’est impossible. Je suis coincée. D’ailleurs, aujourd’hui, j’ai un torticolis, je ne peux tourner la tête à droite et là, je souris encore, il n’y a décidément pas de hasard.

 

J’ai quitté Voldemag, parce que saturée de “pouvoir”, marre de gérer, marre d’être en charge, des envies de liberté. Et comme je ne sais pas faire simple, au lieu de créer mon blog perso, je me lance dans un truc fantaisiste où je dépend du “désir” des autres. Résultat ? C’est gagné, je suis “à la merci” des gens. J’attends des réponses à des mails qui mettent des jours à venir. Je m’énerve dans mon coin mais je ne dis mot car cette situation, je l’ai voulue et à froid, je suis convaincue que je dois en passer par là.

 

Pourquoi ?

 

Je suis une freak control. Une vraie de vraie. Mais je ne suis pas sure que ça soit si constructif que ça, je dois apprendre à lâcher prise. Et cette année, c’est ce phénomène qui se joue. Je ne maîtrise pas le temps, j’attends d’avoir quarante ans. J’ai voulu devenir blogueuse “freelance”, j’attends qu’on veuille bien de moi. J’ai un premier projet pour être payée pour écrire, c’est laborieux, ça se fera, mais le processus est long, alors j’attends. Du point de vue professionnel, pas mieux, j’attends. Et côté sentiment, même combat, j’apprends à ne rien fracasser mais à transformer.J’attends.

 

C’est violent pour moi. Je suis en pleine mutation, et les vieux réflexes ont la dent dure. J’apprends aussi à fermer ma gueule. Je suis un être entier et certains comportements me heurtent alors que les 3/4 des gens s’en foutent. Etre plus détachée, tout n’a pas d’enjeu, il faut que je cesse de mettre tout sur le même niveau, c’est usant et un peu idiot.

 

In fine, J’apprends à être moi autrement. Et c’est foutrement compliqué…

 

Crédit photo Flickr