Les chansons tristes que je n’écoute plus, époque 1

5 avril 2011 13 Par Catnatt

Il existe des chansons que j’aime d’amour, que je n’écoute plus jamais. Leur effet est néfaste, ou alors il faudrait que je sois sûre d’être seule pendant des heures durant. Sauf que depuis que je suis mère célibataire, la solitude durable est devenue un fantasme.

 

Ces chansons, il suffit que je les croise pour avoir au mieux les larmes aux yeux, au pire m’effondrer.

 

Ces chansons ne sont pas toutes au même niveau. Certaines, je ne peux plus entendre ne serait-ce qu’un couplet. D’autres, je les mets exprès. J’aime bien être désespérée exprès parfois. Je me roule dedans. Je sais exactement quel morceau, à quel moment. Mais je sais aussi me remettre d’aplomb d’une chanson.

 

Je me connais bien. Du coup, je tire sur telle ou telle ficelle émotionnelle et la marionnette à musique que je suis s’anime.

 

En même temps, j’écris cette petite série pour mes enfants. Je suis au bord de voir ma fille rentrer dans l’adolescence, et j’imagine qu’elle aussi, elle accumulera des morceaux tristes qu’elle n’écoutera plus au bout d’un moment.

 

Trois morceaux, d’une période précise. 14-15 ans.

 

Quand j’avais 14 ans, j’étais amoureuse d’un certain… heu…je ne sais plus, mais il était très gentil et moi, ben franchement.pas. J’allais mâââl…

 

Il m’a fait découvrir ce que j’appelais à l’époque la new-wave…

 

 

The Cure. “Charlotte sometimes”. J’ai adoré The Cure pendant des années, et même si j’ai pris mes distances, nul groupe à l’époque de mes 14 ans incarnait aussi bien mon mal-être. J’ai écouté pendant des heures ce morceau. Quand j’ai installé fièrement mon premier poster de Robert Smith dans ma chambre, ma mère qui déjà avait failli succomber à une crise cardiaque avec un poster de Georges Michael (oui, je n’avais pas percuté qu’il était homosexuel à l’époque, Maman si apparemment), se demanda si je n’allais pas finir droguée et prostituée.

 

Ma fille s’appelle Charlotte… Et je réecoute difficilement ce morceau. Curieux, la gamine du clip ci-dessous a un air avec ma fille. Enfin, je trouve.

 

 

The Smiths. “Last night i dreamt that somebody loved me”. Celle-là est impossible. C’est peut-être faux, mais je me suis toujours imaginé que les cris que l’on entend, ce sont des gens en prison. Les hurlements de solitude des prisonniers. J’ai du rendre  mon père à moitié dingue avec ce morceau. En boucle. En boucle. En boucle. Je la chantais de tout mon coeur d’ado celle-ci. J’avais l’album en vinyle, je le posais délicatement ou pas sur ma platine, et hop c’était parti. J’adorais être malheureuse.

Encore maintenant, la voix de Morrissey m’arrache le coeur. Si je veux pleurer un bon coup, je la mets, c’est imparable.

 

 

Art of Noise. “Moments in love”. J’ai collectionné toutes les versions. J’avais une cassette audio de 60mn uniquement faite de ce morceau et de ses déclinaisons. Il ne me rend pas vraiment triste, il me rend nostalgique.

C’est tellement loin, tout ça…