Je suis neuro-droitière ( part 5 )

9 juin 2012 25 Par Catnatt

Le billet est long. C’est une billet en forme de conclusion, je reviendrai sur ce sujet peut-être un jour mais dans longtemps.

 

La première partie ici (Présentation du « concept »)

 

La deuxième partie ici (Enfance et adolescence)


La troisième partie (Travail et internet)


La quatrième partie ( Point route)


Reprenons un peu les choses : un neuro-droitier se sent, par « définition », à côté du monde, souffre très souvent d’un déficit de confiance en soi, est « trop » (ajoutez n’importe quel adjectif) et mouline toute la sainte journée. Sur des bases aussi saines, il est évident que le parcours amoureux va être une véritable partie de plaisir.

 

J’ai eu beaucoup de mal à connecter, à faire un pont entre un comportement de neuro-droitier et mes histoires d’amour. C’est pour cela que le processus a été long et je crois, reste inachevé.

 

Concernant l’amour, le postulat est le suivant : je ne crois pas en l’amour mais je ressens ses manifestations. Je crois aux phéromones, à cette formidable envie de baiser ensemble qui se déguise en avenir et en projets. Je suis très paradoxale à ce sujet puisque amoureuse, je peux être très passionnée. Mais in fine, si je suis vraiment honnête, ce qui me fait tripper, c’est l’histoire, pas vraiment l’homme et je crois que cela a à voir avec une grille de lecture particulière, au fait que mon imagination a peu de limites et qu’elle fut un refuge tout le long de mon enfance. Surtout il y a mes projections – fatalement « trop » – et la réalité. Dès lors, je me pose la question de savoir si, au moment où je commence à vraiment connaître l’autre, je ne finis pas par me barrer… Finalement est-ce que la réalité m’intéresse vraiment ?

 

On peut diviser les hommes que j’ai aimés en deux catégories : les pervers-narcissiques et les grands névrosés. Concernant les premiers, j’ai un peu de mal avec la vision gentillette du neuro-droitier qui serait d’une gentillesse absolue et se ferait avoir par le grand méchant pervers – Il est dit que les deux seraient comme le yin et le yang. Complémentaires et radicalement différents –. En ce qui me concerne, j’ai toujours très vite compris à qui j’avais affaire même si je ne mettais pas de mots aussi précis dans mon analyse. En tout cas, je  fais partie des neuro-droitiers qui conçoivent que la malveillance existe. Il est certain que j’ai un « sixième sens » pour détecter la malveillance même bien planquée. Malveillance qui ne vaut que pour moi, je suis convaincue que des gens formidables par ailleurs ne me conviennent tout simplement pas. Je crois que si, et ce en toute connaissance de cause, j’ai partagé la vie de pervers narcissiques, c’est pour cette raison : « Mais le principal piège de l’emprise psychologique est de loin le besoin de stimulation intellectuelle des neuro-droitiers. Ils me l’ont souvent avoué : ce qui les a fasciné chez le pervers c’est son apparente complexité. Enfin, un défi à la mesure de leur cerveau assoiffé de difficultés. C’est ainsi qu’ils se retrouvent entortillés dans leur propre intelligence ».

 

Les pervers narcissiques peuvent être fascinants tant ils sont tordus. Je crois que pour des raisons qui sont liées à mon histoire et que je n’expliquerai pas ici et de part mon côté neuro-droitier, j’étais attirée par ce genre de personnes. Je voulais comprendre, je voulais comprendre la logique, je voulais comprendre la mécanique même si c’était cher payé. Je ne regrette rien. Même si je me suis fait mal et que je m’en suis sortie in extremis parfois, je suis convaincue que tout cela avait un sens, que j’avais besoin d’étudier ce genre d’individus, du moins de les digérer pour passer à autre chose. Je n’ai strictement aucune vocation à être une victime.

 

Si je tente d’analyser mon parcours amoureux sous l’angle « neuro-droitier » (Cela reste subjectif et un regard à l’instant T) je réalise plusieurs choses :

 

J’ai rencontré tous les hommes de ma vie alors qu’ils se trouvaient dans des situations de déséquilibre. La plupart étaient en phase de séparation, récemment célibataires ou en couple mais malheureux. C’était la fin de quelque chose. Globalement, le type, il est total déprimé quand je le rencontre. J’ai écrit précédemment dans un texte : « Je ne peux rien faire pour l’humanité qui sait où elle va ». Je crois que c’est ça le ressort : il y a la volonté d’interférer dans le sort d’un être parce que je crois qu’au moment où je le rencontre qu’il est perdu. A tort ou à raison peut-être mais il y a cette croyance là. Bon, okay souvent à raison. Il y a quand même quelque chose d’un brin mégalo dans tout ça. J’ai un problème avec la toute puissance, je le reconnais. Enfin, c’est un petit peu plus complexe que ça : j’oscille entre un sentiment, une volonté de toute puissance et la sensation de ne pas exister. C’est le grand déchirement. Quand je suis dans un élan passionnel (parce que je ne sais pas faire autrement) je suis convaincue que je vais « le sauver » et à la fois persuadée que tout ça va mal finir ; comme je suis convaincue que je retomberai toujours sur mes pattes et à la fois que je vais m’y briser le cœur cette fois-ci. Est-ce que des gens épanouis et bien dans leur peau peuvent supporter ça ? Je ne crois pas, en tout cas, pas sans dialogues longs et patients.

 

J’ai un problème de rythme : au début, je suis tout feu tout flammes et je me laisse aller à la fusion. Sauf qu’au bout d’un moment, je ne supporte pas que l’autre empiète sur tout. C’est de ma faute, c’est moi qui crée ça. Il faut impérativement que je me souvienne quand je démarre une histoire que je suis fondamentalement indépendante. Je crois qu’il y a des règles que je dois respecter pour ma propre sauvegarde et par respect pour l’autre : on ne peut pas tout offrir sur un plateau et le retirer brutalement à l’autre.

 

J’ai eu une relation très perturbante avec un homme extrêmement calme pendant quelques mois. Cela m’a fascinée. Il était à la fois très calme (faussement calme ?) et très silencieux sur ses émotions. S’il n’avait pas mis à fin à cette relation (c’est le seul homme qui m’ait quittée, je suis toujours partie) j’aurais pu passer des années à l’étudier. J’ai bien dit « étudier ». Parce que si, évidemment, il y a de l’amour, il y également cet aspect des choses : j’étudie mon entourage et en particulier les hommes que j’aime. Cela a quelque chose de terrible mais je ne peux pas faire autrement. Il n’y est jamais totalement question que d’amour. Je ne peux pas m’empêcher d’être en 2D : je suis celle qui vit l’histoire et je suis celle qui observe et démonte la mécanique. Je pars quand j’estime avoir fait le tour, lorsque j’ai l’impression de ne plus rien apprendre.

 

Si on continue sur le trip « amour sous l’angle sociologique », les trois hommes qui ont le plus comptés dans ma vie ont tous rempli une « fonction » : l’un c’était une ascension sociale branchouille : j’avais envie d’avoir la panoplie complète. L’autre c’était d’avoir des enfants. Le dernier c’était son côté scientifique, j’avais envie d’apprendre une approche rationnelle (il serait marrant d’ailleurs de se demander si c’est pas son côté profondément neuro-gaucher qui ne m’a pas attirée). Il y a la sensation d’avoir appris, d’avoir progressé vers un but que je n’arrive pas à déterminer et qui n’existe peut-être pas. Ils avaient quelque part une fonction dans mon parcours. Je ne sais si je me trompe dans mon analyse mais je crois que ça peut être « neuro-droitier ». La machine à mouliner en permanence empêche quelque part de vivre pleinement les évènements. Les neuro-droitiers sont déchirés entre « un idéalisme absolu et une lucidité extrême ». Résultat : je suis donc passionnelle – je joue toujours dans l’histoire d’amour du siècle – et très vite j’analyse froidement la mécanique psychologique et sociologique. Entre les deux, point de salut. Au diable les élans, phéromones my friends, donne-moi un tournevis pour que j’aille voir ce qu’il y a VRAIMENT là-dedans… Forcément, en agissant ainsi, j’épuise quelque part le filon des sentiments.

 

Statistiquement, je ne peux qu’être d’accord avec Beigbeder (et ça me fait chier croyez-moi). J’aime pendant trois ans, la quatrième est une négociation, chronique d’une rupture annoncée. Mention spéciale à mon ex-mari, cinq années mais il y avait eu reproduction. Je ne sais pas comment font les gens pour rester quinze, vingt ans et plus ensemble. Ca me fascine mais ne ça ne m’intéresse pas tellement ; en tout cas, je n’ai jamais couru après ça. Je crois que la soif d’apprendre chez moi a pris le pas sur un tas de priorités qui existe chez les autres. Ceci est aussi probablement un aspect neuro-droitier. Je m’ennuie très vite en couple. Comme je le disais en début de texte, il y a ce délire vaguement mégalo de sauver et lorsque je me rends compte que soit c’est peine perdue soit que c’est fait (selon mes propres critères subjectifs évidemment), je m’en vais.

 

Tous les hommes qui m’ont aimée m’ont tous dit, quand je les ai quittés qu’ils étaient prêts, prêt à faire un enfant, prêt à vivre sereinement, prêt à on ne sait quoi. Ce qui est intéressant, en l’espèce, c’est la répétition du mot « prêt ». Ca sous entend quand même que je suis partie quand ils se sentaient à tort ou à raison prêts et que par conséquent, il semblerait que je ne sois pas intéressée par la partie « prêt ».

 

Bien.

 

Tous les hommes qui m’ont aimée se sont tous laissés aller à cette réflexion : « Tu es complètement cinglée ». Je pense que la répétition engendre la légitimité. Quelque part, je dois être sacrément bien barrée : toutes les questions que je pose. Cette façon de pousser les gens dans leurs retranchements même si c’est dans la bienveillance. Toutes les questions que je me pose. Cette énergie. Ces intuitions que j’ai qui me poussent à adopter parfois un comportement totalement irrationnel. Cette façon de ne pas supporter les comportements que j’estime, à tort ou à raison, médiocres. Petits. Superficiels.

 

Bien.

 

J’obéis à une logique propre que je suis quasiment incapable d’expliquer (Remarquez, c’est un peu ce que je suis en train de faire). Je ne construis pas, je sens. Je ne structure pas, j’apprends. Ce qui m’intéresse ce sont les humains, ce qu’ils ressentent et plus j’en rencontre, plus je m’épanouis dans cette quête. Fatalement, c’est le même processus avec les hommes.

 

J’ai 41 ans. Je peux continuer à essayer de coller aux schémas que me propose la société et de fait finir par devenir frustrée, aigrie et malheureuse. Je devrais rencontrer un homme et décider que je ferai tout pour que cela dure toute la vie ; ne pas partir au moment où – ma névrose – ma grille de lecture neuro-droitière – ce que vous voulez – enclenche le départ. Soit je trace ma route comme je l’entends, en commettant des erreurs certes – quoique je ne suis pas une adepte du concept de l’erreur. Je suis incapable de raisonner ainsi. Pour moi chaque action a du sens, même spontanée. J’avance. Où, je ne sais pas mais j’y vais. – mais en tâchant d’écouter la personne dont je serai la plus proche au monde, la personne qui restera quoi qu’il arrive : moi. Ironiquement, au moment où je renonce au parcours obligé et que je choisis de faire mon chemin sans tenir compte des autres, vous allez voir que je vais rencontrer quelqu’un avec qui je vais être capable de rester. Vu que je commence à bien maîtriser “ma machine”. 🙂

 

Il y a quelques années, il y a eu ce moment que je suis incapable d’identifier, une longue macération, un aboutissement provisoire : je me suis préférée. Je me suis préférée à tous, du voisin de palier à l’homme avec qui je couche, de l’amie à celui qui te juge pendant un dîner, du lecteur à ta propre famille. Il n’y a que mes enfants avant moi. Et ça ne changera plus, parce que de toute manière on ne peut rendre heureux personne en tentant d’être différent de ce que l’on est.

 

Que le principe de neuro-droitier existe ou pas, il me semble réel que certaines personnes ont du mal à fonctionner dans cette société. Vous pouvez les appeler comme vous voulez, il n’en reste pas moins que leur sensation de décalage existe. Ce qui compte, c’est de part la verbalisation, que ces gens réalisent qu’ils ne sont pas seuls, que tant qu’ils restent dans la bienveillance, ce n’est pas une tare de se sentir différent. Cela peut devenir une force. Je ne suis pas sûre que ce billet soit vraiment dans la lignée des autres. Il est très personnel, je crains de ne pouvoir avancer des propos globaux. Comme je le disais dans l’introduction, il est probablement inachevé (Inachevé et anarchique). En temps normal, je me serai escrimée à le finir jusqu’à ce que je le trouve parfait, du moins complet, satisfaisant. Mais là, non. Je n’ai pas envie de me « torturer », je me préfère et il y en a déjà assez comme ça.

 

Note : c’est marrant de jouer à un truc de neuro-gaucher parce que je ne vois pas ce qu’il y a de plus neuro-gaucher qu’’un entretien d’embauche.*

 

Si je devais passer un entretien d’embauche amoureux (excepté faite du sujet des relations sexuelles, il y a des limites – subjectives, je le concède – à l’exhibition.), cela se résumerait ainsi :

 

 

1- Pourquoi êtes-vous là ?

 

SI votre question, c’est de me demander le sens de la vie, je cherche encore, figurez-vous. Mais je suis à fond sur le sujet.

 

2- Si vous aviez un seul mot pour vous décrire, lequel serait-ce ?

 

Compréhensive quand on prend le temps de m’expliquer.

 

3- Quand avez-vous échoué ? Décrivez ce qui s’est passé et ce que vous avez appris.

 

Je n’ai jamais échoué. Mary Pickford disait « Ce que l’on appelle échec n’est pas la chute, mais le fait de rester à terre. ». Je ne suis jamais restée à terre.

 

4- De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ?

 

La dernière. Avant la prochaine.

 

5- Quels traits de caractère chez les hommes vous ennuient le plus ? Quels sont ceux que vous appréciez le plus ?

 

La morgue et le mensonge. L’empathie et l’humour.

 

9- Quelle est la chose que vous aimeriez faire mieux ? Comment comptez-vous vous améliorer ?

 

Ne pas être aussi passionnelle au début. Prendre le temps. Voir venir et ne pas s’investir de trop au départ. Je me suis donnée des règles que je respecte depuis un moment : ne pas péter les plombs quand je ne reçois pas une réponse immédiate. Eviter de prononcer des phrases définitives. Ne pas sombrer dans la fusion. Surtout, écouter cette voix intérieure, cette alarme qui me dit de ne pas y aller, que ce n’est pas un bon plan et ne pas céder aux sirènes de la curiosité, genre “je vais y aller quand même au cas où je louperai un truc”. C’est une mauvaise idée. C’est toujours une mauvaise idée. Mais ce n’est pas grave si j’y vais quand même. C’est que je devais en passer par là. L’indulgence… L’indulgence vis-à-vis de soi-même, voilà ce que j’ai appris aussi.

 

10- En travaillant à ce sujet, quelle chose avez-vous changée chez vous pour être plus efficace ?

 

Je me donne des délais. Mon rapport au temps s’est modifié. Mon rapport à l’amour aussi : il ne disparaît pas en un instant, d’un jour à l’autre. J’ai fini par assimiler que si l’autre n’est pas à fond par moments, ça ne veut pas dire qu’il ne m’aime plus.

 

11- Selon vous, quelles sont les principales qualités des gens qui réussissent ? Comment vous évaluez-vous dans ces domaines ?

 

Je ne sais pas qui peut employer le mot réussite en terme d’amour. Nous ne sommes pas des pme. C’est malsain d’ailleurs quand on y pense vraiment.

 

12- Comment prenez-vous des décisions ?

 

Instinctivement.

 

14- Parlez-moi d’une situation dans une histoire d’amour où vous êtes resté totalement honnête malgré un risque d’échec.

 

Je ne comprends pas votre question. Vous sous-entendez quoi avec « totale honnêteté » ? Si on parle de transparence, ça n’est jamais arrivé. Si on parle d’une interaction dans laquelle on fait vaguement attention à ce que l’autre ressent et où l’on tente d’être le plus honnête possible, oui, c’est déjà arrivé. Tout le temps. Avec plus ou moins de succès, avouons-le.

 

15- Vous prenez une décision. Que faites-vous si l’autre la remet en question ?

 

Ca dépend de quoi on parle. Je prends rarement de décisions seule concernant le couple. Mais s’il s’agit de le quitter, il va falloir qu’il soit sacrément convainquant, je ne reviens jamais en arrière, ou si peu, quand une décision est arrêtée. Mais je veux bien écouter.

 

16- Décrivez-moi une situation de crise à laquelle vous avez dû faire face ? Quel a été votre rôle ? Comment l’avez-vous résolue ? Quels ont été les résultats ?

 

Je suis la reine des actes manqués. Je ne suis pas une ennemie du conflit, je trouve ça très sain par moments mais ça ne doit pas devenir un mode de fonctionnement. Une fois que la dispute a éclaté, je suis en mode fight, je veux gagner. Mais si on s’y prend calmement et que l’on est capable de me fournir une explication honnête, j’écoute et je comprends généralement. Si c’est mon comportement l’objet du conflit, ça va être un chouia plus long…

 

20- Que faites-vous si l’autre prend une décision que vous n’approuvez pas ?

 

J’argumente. Si ça n’avance pas, je me mets en colère… (Ou je pique tout de suite une crise, soyons honnête.)

 

24- Supposons que vous viviez une histoire. Dans trois ans, vous rentrez chez vous un vendredi soir en vous disant qu’accepter cette histoire a été la meilleure décision que vous ayez jamais prise. Que s’est-il passé durant ces trois années pour que vous ressentiez cela ?

 

J’aurais beaucoup ri. J’aurais beaucoup échangé tout en conservant beaucoup d’espace. Il ne m’aura jamais dit qu’il était prêt. Il ne m’aura pas laissé démonté toute la mécanique de la relation. Oui, je crois qu’il y a de ça, j’aurais rencontré quelqu’un qui ne m’aura pas laissée tenter d’être toute puissante et qui soit suffisamment intelligent pour me voir venir. Un genre de contre-puissance.

 

25- Y-a-t-il une question que je ne vous ai pas posée et que j’aurais dû vous poser ?

 

Des milliers…

 

*Bob Rosner est l’un des plus célèbres chroniqueurs RH aux Etats-Unis. Ses articles sont repris dans de nombreux journaux et sur plusieurs sites d’informations comme ABCnews ou le Careerjournal du Wall Street Journal. Il est aussi le co-auteur du best-seller : The Boss’s Survival Guide (McGraw-Hill, 2001) et l’éditeur du site Internet : workingwounded.com