Comme le lait sur le feu… #NosAdos

24 novembre 2014 12 Par Catnatt

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Note : Une maj a été faite sur ce billet plus bas.
 
Petits enfants, petits problèmes, grands enfants, grands problèmes. Toutes proportions gardées, il est certain qu’avec l’adolescence, on affronte des problématiques auxquelles on ne s’attendait pas vraiment en l’occurrence les fêtes.
 
Quitte à passer pour une vieille réac ou une nostalgique du passé, je n’ai pas souvenir de fêtes à 15, 16 ans qui aient tourné à la grande boucherie. On a fait des conneries bien entendu, mais cela n’avait rien à voir avec ce que j’affronte en ce moment avec l’adolescence de ma fille adorée.
 
Samedi soir alors que j’étais à Carnac (autant dire la cordillère des Andes en cas de fête chez soi) ma fille a organisé un truc avec ses potes. Échaudée par des événements passés (j’y reviendrai), elle avait déterminé un nombre acceptable de personnes, à savoir une vingtaine. Un de ses “amis” avait l’autorisation de venir avec deux personnes ; il s’est pointé avec 10. Ma fille a refusé de les accueillir.
 
Normalement, ça s’arrête là. Tu te fais refouler, tu pars et tu fais autre chose. Eh bien pas du tout : pendant près d’une heure trente, cette bande de petits cons est revenue à la charge ; sonner à l’interphone en dépit du refus, monter quand même grâce à des habitants pas très regardants, sonner à la porte, se faire jeter et on recommence, ils ont fait ça 4 ou 5 fois, au point qu’un voisin a fini par sortir. Phase deux : ils cessent de sonner, mais nous font le coup de #OccupyLimmeuble. Ils ont essayé de défoncer la porte du concierge, sont montés sur un échafaudage accolé à l’immeuble, bref ont foutu un bordel monstrueux jusqu’à 3h30 du matin.
 
Première conséquence : ça a gâché la fête de ma fille, qui comme sa mère dans ce cas-là, est devenue hystérique. Elle n’a franchement pas passé une bonne soirée. Seconde : les voisins n’ont pas pu dormir. Troisième : je ne suis pas sûre d’autoriser encore de fête chez moi.
 
Mais il faut tout de même voir l’ensemble de paramètres qui aboutissent à une soirée stressante. Lors de fêtes précédentes (et je ne parle pas d’il y a 6 mois mais depuis septembre 2014), il y a eu des attitudes et des vols hallucinants. Chez l’une, c’est le macbook, 200 € et des bijoux volés. Chez l’autre, c’est l’ipad, l’ordi portable, des portables et encore et toujours de l’argent et quarante personnes en plus à sa soirée. À tel point que ma fille avait pris soin préalablement de tout enfermer dans une chambre fermée à clé y compris les parfums pour sa fête ! Elle me parle encore de cette fête (est-ce une légende urbaine ou pas ?) où un gamin (Nemo) s’est fait complètement dépasser – apparemment pas via facebook mais une chaîne de textos qui circulait de lycée en lycée sur Paris – et s’est retrouvé avec 200 personnes dont quelques uns avec carrément des pieds de biche et qui s’est fait retourner l’appartement cet automne. Ça fait rire la plupart des potes de Charlotte, sachez-le.
 
Il y a quand même quelque chose qui déconne sécos et j’ai décidé de ne pas laisser passer cette fois-ci. Ce matin j’ai contacté le lycée du jeune homme en question vu qu’il refusait catégoriquement de me passer ses parents et précisait, sûr de son impunité totale, que “la police pourrait rien faire”. Il faudra également m’expliquer comment des gamins de 15 ans peuvent sortir jusqu’à 4h du matin sans que les parents s’en aperçoivent. C’est dingue, non ?
 
Une partie de cette petite bande a pénétré dans une piscine municipale et a “refait” la déco en octobre. Certains se sont faits prendre, la tête d’affiche s’en est sorti peinard, réussissant le prodige d’envoyer des photos à ses potes pendant sa garde à vue. Non mais sans déconner ?!
 
Alors attention, on parle pas de délinquants avec un profil dont regorgent nos quotidiens. Non, non. On parle d’ados issus de la petite bourgeoisie, sans grandes difficultés sociales ou financières. On parle d’ados avec une structure éducative. Elles sont trois ou quatre dans la bande de ma fille à trouver ça complètement anormal, le reste ricane bêtement. Sur le coup de la fête de ce samedi soir, il y a eu une petite prise de conscience de la part de certains qui trouvaient que le jeune homme pétait légèrement un boulard.
 
Mais que faire ?
 
Il y a tout de même un sentiment d’impunité, des notions de bien et de mal qui sont mal définies. Ma fille a subi un harcèlement samedi soir. Et si elle n’avait pas un caractère de cochon, nul doute qu’elle se serait fait, elle aussi, déborder. Après une conversation avec un CPE du lycée du jeune homme, je vais donc aller faire une main courante. Je ne fais pas dans l’expédition punitive contrairement à ce beaucoup croiront. Je pense même que je suis en train de rendre service à ce petit con qui n’a vraisemblablement plus de limites (et pour ce que j’en sais, ça dure depuis la 5ème). Je pense que ce crétin a besoin d’entendre de la part de la police, représentante de l’Etat et donc de la société qu’on ne fait pas ce qu’on veut comme on veut. Il y a des limites. Je crois que les parents sont très très loin de se douter jusqu’où leur petit garçon chéri est capable d’aller.
 
Tout ça pour dire quoi ?
 
Il semblerait qu’à 15 ans et peut-être jusqu’à 18, les gamins soient assez freestyle. Ils boivent, font des conneries et ont une perception de certaines attitudes complètement biaisée : le fun à n’importe quel prix. Je crois aussi que l’effet de groupe s’il a toujours existé est très probablement amplifié de nos jours. Portables, textos, réseaux sociaux, mails, cette communication permanente à “grande” échelle a fatalement des conséquences. Si j’ai un conseil à donner, c’est de bien veiller à ce que le dialogue soit là, surveiller vos ados, répéter encore et encore les règles, donner des limites d’horaires très claires et malheureusement garder une marge de manoeuvre de méfiance vis-à-vis de votre enfant car oui, votre angelot peut se mal se comporter (et ce à des niveaux très différents). Quant aux fêtes chez vous, je vous suggère de planquer les biens de valeur et de rentrer chez vous, quitte à décéder de fatigue dans un bar à 1h du matin.
 
Ils sont clairement à surveiller comme le lait sur le feu…
 
MAJ du 30 novembre 2014.
J’ai donc fait ce que j’avais à faire. J’ai contacté le CPE du lycée du ptit con (pour plus de commodités nous le nommerons Bernard) et la mère de Bernard (donc).
 
Le CPE m’a écouté tout en respectant les limites de son champ d’action. Il a convoqué Bernard qui évidemment a tout nié en bloc. Le CPE ne pouvait pas faire grand-chose d’autre. Par contre avec la mère, ça était une autre paire de manche. Extraits choisis “Je trouve que votre réaction est disproportionnée”, “Je trouve tout à fait normal que mon fils sache que s’il ne dégrade rien il ne risque rien par rapport à la police” (sans déconner ? ^^), “Bernard a une tout autre version des faits” et “Oui, Bernard, 15 ans, avait l’autorisation de sortir jusqu’à 4h du mat”. En clair cette femme a accouché de Saint Bernard… La police n’a pas pu prendre de plainte (pas de dégradation) et la main courante ne servait à rien.
 
Quand je lui enverrai un mail de “récap”, la seule réponse qu’aura cette femme c’est “Avec toutes mes excuses et mes remerciements”. Fous-toi de ma gueule, j’adore ça…
 
Le vendredi d’après, à savoir le 28, dans la nuit, un gamin s’est introduit dans l’immeuble et a pété une caméra de vidéo-surveillance. Attention, je ne sous-entends pas du tout que c’est forcément Bernard. Je relate un fait.
 
Le samedi, à savoir le 29 novembre, vers 21h, je rentre à la maison après un apéro. Charlotte est avec sa copine affolée au téléphone : il y a toute une bande en bas de son immeuble qui cherche à rentrer parce qu’elle croit qu’il y a une fête chez quelqu’un. En fait, la veille, une info (plus rien ne passe par facebook, c’est que du sms donc c’est totalement incontrôlable) a circulé comme quoi il y aurait une fête vers Jourdain.
 
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Plusieurs groupes de gamins de 15 ans arrivent séparément et comme l’occasion fait le larron, ils se mettent à chercher tous ensemble, effet soirée Nemo évoqué plus haut. Ils se trouvent qu’ils vont suivre des potes du frère de la copine de ma fille. En effet son frère a invité trois potes. Evidemment, les potes ne laisseront rentrer personne dans l’immeuble. Mais du coup, il y a entre 20 et 30 crétins de 15 ans en bas de chez elle qui cherchent ou à chopper le code ou à rentrer. Une partie sont des potes des filles, dont TANDAN ! Bernard. Bernard qui est encore en quête d’une soirée où foutre la merde (je lui accorde que c’est pas le seul). Bernard qui comme vous le constaterez a été sacrément puni par sa mère…
 
Du coup, j’y vais. Je me retrouve encerclée par une bande d’abrutis. Je braille sur Bernard. Bernard se fout de ma gueule. Je m’embrouille avec un autre ptit con et au bout de 2mn, on est prêt à en venir aux mains. Apparemment, une partie du cerveau chez certains restent fonctionnelle puisqu’ils interviennent et éloignent de moi l’énervé de service. Je tente d’expliquer à un vieux copain de ma fille que ces conneries vont tôt ou tard très mal finir, il a l’air de comprendre ou d’être plus malin que les autres (autrement dit, il me laisse vider mon sac pour avoir la paix), je repars chez moi et les groupes se séparent. Quand je redescendrai 10 minutes plus tard, je vais croiser la bande de potes de ma fille qui part à pieds sur les quais (lieu de prédilection).
 
Conclusion ?
Encore une fois, il faut tout surveiller comme le lait sur le feu. Chaque fête que votre ado organise est susceptible de tourner à la boucherie. Je ne vois pas très bien comment on peut contrôler la situation à partir du moment où tout ce petit monde se fait passer les lieux par sms. Il suffit d’un seul pour que ça parte en vrille. Ou alors, vous expliquez que vous allez passer. Auquel cas, votre ado vous détestera. Ou vous lui expliquez que quoi qu’il se passe, en cas de débordement, il appelle direct la police avant de se faire retourner l’appart. En ce qui me concerne, Charlotte et moi sommes tombées d’accord pour mettre un arrêt aux soirées à la maison pendant quelques temps. Sa copine et sa mère pareil.
 
Je vais passer pour la réac de service, j’assume totalement: je veux bien qu’on interdise les fessées, mais je vous garantis que t’as une folle envie de distribuer des tartes à certains dix ans plus tard.