New year, nothing new (la diète et le temps perdu)

28 décembre 2016 9 Par Catnatt

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Je ne sais pas pour vous, mais quand je vais me coucher, je me mets à penser. Oui. Ma spécificité tend à me faire envisager parfois des idées délirantes que je ne confie à personne évidemment. Mes névroses ne regardent que moi. On a sa pudeur.

Hier soir, je me sentais lasse et lassée. Je trouve que j’écris de moins en moins bien, j’ai l’impression d’avoir perdu le mojo, de ne plus être inspirée. On dirait que j’écris comme un réflexe pavlovien ; pour remplir les blancs. Je reste souvent devant twitter en cherchant quoi dire. Quand je me remets à partager, très vite, j’ai une sensation d’écoeurement.

Arrête de vouloir exister.

Cette année 2016 m’a obligée à remettre la tête dans le guidon du quotidien, trop de changements et internet qui était une bouffée d’air, pas forcément frais, ne remplit plus son rôle.

Je cherche l’impulsion. Je cherche une douche psychologique. C’était ça écrire sur le blog, le processus d’élimination et je cherche ce que je devrais épurer ; je suis à sec.

Je ne lis plus assez, je ne me nourris plus intellectuellement, j’hésite : suis-je trop exigeante avec moi-même ou suis-je devenue complaisante ? Où est la porte de sortie ? Et si je n’avais plus rien à dire ?

Ça ne va pas. Qu’on se comprenne bien, je ne suis ni triste ni déprimée. En fait ça va, mais ça va de manière médiocre, un peu comme l’ambiance générale. C’est chiche. Je n’ai ni grands chagrins ni grandes joies. Ça flotte.

“What were we hoping to get out of this?
Some kind of momentary bliss?”

Pour revenir à hier soir, j’ai fini par me dire que ce qu’il me fallait, c’était une cure, une retraite. Quelque chose qui ait du sens. Quelque chose qui me nettoie. Me retirer des réseaux sociaux, j’y ai déjà pensé, je l’ai plus ou moins déjà fait. Hors de question de faire une sortie théâtrale, genre j’ai vu la lumière, ce tapage ne sert à rien, je quitte l’arène. Non, plutôt quelque chose qui me tire vers le haut. Un peu. J’ai fini par me dire qu’un mois sans rien de nouveau c’était pas mal.

Je m’explique : un mois sans rien de nouveau, ça veut dire pour moi ne plus être connectée aux actualités, ne plus consommer au sens très large du terme : internet, shopping, lieux, personnes, films, livres etc. Faire avec ce que j’ai et par là même me vider la tête et me ressourcer. Rester en quelque sorte bloquée fin décembre 2016, question d’en finir avec cette année.

J’ai plein de livres déjà achetés qui traînent dans ma chambre, des films stockés jamais vus, des fringues à ne plus savoir qu’en faire, des amis formidables que je ne vois plus, en fait c’est ça : ne plus savoir qu’en faire à tous les niveaux. J’accumule finalement sans réfléchir et pour redonner une réflexion à ma vie, une nouvelle année, un nouveau mois sans rien de nouveau. Tester ce trip pour voir ce que ça donne. Décrocher. Tout ce temps envolé pour quoi ? Il est question de ça aussi : retrouver le temps. Comme dit Marcel, à la recherche du temps perdu ? Il faudrait que je réattaque cette oeuvre, elle est de circonstances. Ou “Que ma joie demeure” de Giono. J’hésite. Il faudra bien remplir tout ce temps auparavant perdu. En quelque sorte. Rêver. À nouveau. Du bucolique. Pourquoi n’existe-t-il pas de nom pour ça ? Cela ne peut être qu’adjectif.

Ça a déjà dû probablement être fait, je n’ai pas cherché à vérifier pour tout dire. Mais ça me fait envie et c’est déjà pas mal. Je l’écris ici noir sur blanc pour vraiment le faire parce que je ne compte plus le nombre de fois où j’ai eu des idées de ce type et que je me suis défilée. Je me coince.

Je ne vais pas continuer comme ça, avec cette sensation poisseuse collée au coeur et à la tête, cette pollution, oui c’est ça je me sens polluée, comme Paris en cette fin d’année, cette crasse envahissante qui te prend à la gorge. Il faut se nettoyer, il faut en quelque sorte créer le manque pour que tout refasse sens à nouveau. Ça se trouve, ce sera un échec. Peut-être que je vais revenir toute guillerette. Mais il faut que je fasse quelque chose, quelque chose de nouveau. N’est-ce pas ironique ? Faire quelque chose de nouveau en l’évitant précisément ?

On verra bien. Je reviendrai dans un mois et 3 jours. Peut-être que je craquerais avant. Il y a une forme d’addiction narcissique là-dedans, on le sait tous. Est-ce que nous, personnes ultra connectées, savons ce que nous valons encore sans ça ? Qu’est-ce qui reste ? Que se passe-t-il quand nous cessons de consommer ? Lorsque nous arrêtons de nous remplir sans réfléchir ? N’avez-vous pas vous aussi de temps en temps cette voix qui se met à hurler “il faut que ça s’arrête !”? Ce manque net de concentration. N’être au courant de rien, à part l’essentiel.

“I guess I was busy (when nothing arrived)”

Je reviendrai évidemment pour raconter. Déjà je retrouve une certaine forme d’excitation. Déjà l’enthousiasme. Illusoire ? Je laisse tout en place jusqu’au 1er janvier et puis je suspends les comptes. Je décroche de mon flux rss d’actus, je range la carte bleue, oui je décroche des flux en fait, je sors du jeu, je rentre en diète. Une écologie de l’esprit en quelque sorte pendant un temps ma foi assez court. C’est quoi un mois ? Rien.

“My dear sweet nothing, let’s start a new
From here on in, it’s just me and you”