My little place

 

I’ve got my little place…

 

Juste un petit texte pour toujours se souvenir de cette période, la graver dans le marbre.

 

Je suis célibataire depuis plus d’un an à présent, et si je suis moins fermée à l’idée d’un jour partager à nouveau mes jours avec un homme, le temps n’est pas encore venu de revenir dans le champ amoureux.

 

Je me pose d’ailleurs la question du pourquoi. Suis-je en train de me terrer ? Je ne crois pas.

 

Nul n’a réellement idée du tumulte que fut ma vie pendant des années. Enfin, si. Mes enfants mais ils ne connaissent que le temps après eux.

 

Ce calme qui règne en ce moment…

 

Les enfants et moi vivons une période faste. Nous allons bien, la vie est douce, certes pas exempte de contrariétés financières mais rien qui ne nous mette en danger. Tout est fluide, ils ont un cadre, des amis, des gens auprès d’eux qui les aiment, en qui ils ont confiance. Ils sont en sécurité affective, matérielle et psychologique. Les semaines passent, un rythme immuable, et leur mère qui s’éclate. Qui va bien, elle aussi. Ils la voient se passionner pour des tas de choses, se rendre très heureuse à son travail, rire, beaucoup rire.

 

Plus de larmes. Plus de colères.

 

Je n’ai pas envie de me préoccuper des états d’âme de quelqu’un, je n’ai pas envie d’une personne de plus dans ma tête. Je n’ai pas envie d’être amoureuse. Je me suis retirée du champ amoureux, et c’est étonnant à quel point cela perturbe les gens. Une femme ne peut qu’être amoureuse, ou avoir été amoureuse, ou avoir envie de tomber amoureuse. Si vous ne l’êtes pas par choix, vous êtes forcément dans le déni. J’ai envie de rire quand j’entends ça. J’ai le cœur au calme, il se régénère, laissez-lui du temps. C’est bien cela. Je ne vis plus dans l’urgence. J’allais de branche en branche auparavant, d’homme en homme, qu’ils soient amants, sex-friends, compagnons, mari. Toutes ces histoires accumulées m’ont fatiguée. Profondément fatiguée. Je suis en retraite dans un monde lavé de toutes chamades.

 

My little place.

 

Je m’arrête de plus en plus souvent pour regarder vivre mes enfants. Pour nous regarder vivre. Comme si je savais que le compte à rebours de notre trio avait commencé.

 

Je sais bien que cela ne durera pas. Oh, ce n’est pas tant que je craigne quelque chose. Mais cette vie à trois telle qu’elle existe me convient tellement. Si le bonheur existe, c’est cela que nous vivons avec les enfants. Alors, oui, je sais bien que je retomberai amoureuse un jour et que notre équilibre sera rompu au profit d’une autre jolie histoire mais celle que la vie nous conte en ce moment est un petit miracle. Un miracle que je n’espérais plus.

 

Les discussions, les rires, les disputes aussi ; la complicité, l’amour et le respect qui dominent sont autant de petites merveilles que notre famille, tel un petit poucet, sème sur un chemin qui est, ma foi, bien joli. Je ne sais où il nous conduira. Parfois je suis curieuse mais je suis bien trop occupée à profiter du moment présent.

 

Cette douceur de vivre…

 

C’est Baptiste, et ses fous-rires, ses blagues pourries que l’on ne comprend jamais, ses questions. C’est son regard dans lequel je me perds si souvent. C’est son caractère qui se dessine, petit bonhomme qui tient par dessus tout à ce qu’on lui foute une paix royale et qui a parfaitement compris qu’il faudra se donner les moyens de cette paix. C’est sa façon de ne pas marcher, mais de trottiner, à la limite de la danse.

 

Je l’attends avec sa sœur pour aller au Mac Do, il doit nous rejoindre, je me demande ce qu’il fabrique, il est en retard et je le vois, soudain, arriver de loin. Il nous a oubliées, il se balade le nez au vent, il s’arrête devant les magasins, et trottine à nouveau. Complètement perché. Beau à tomber.

 

C’est Charlotte, petite jeune fille, tellement Simone Veil. Toujours impeccable, féminine et féministe jusqu’au bout de ses ongles. Son humour froid, sa façon de m’opposer ses arguments, de me tenir tête, son talent, mon Dieu qu’elle a du talent. Ses dessins et son style, petite artiste en devenir, la tête sur les épaules et l’imagination dans les nuages.

 

Je discute avec elle et son frère, il est 22 heures, demain il y a école mais tant pis. C’est une de ces discussions spontanées que nous avons souvent. Elle pense que ça aurait été plus facile sans eux. Je m’empresse de rectifier, de lui dire que ce sont eux aussi qui m’ont construite, que ce courage dont elle me parle est profondément lié à eux. Que s’ils n’étaient pas là, je ne serais pas autant active. Oh que non. Qu’ils sont ma rédemption et ma chance. Et Charlotte de sourire, en envisageant à ce moment-là que tout est conciliable. Les responsabilités ne sont pas systématiquement écrasantes, ma chérie. Ma fille, la grâce et l’intelligence.

 

Quelques mots pour ne jamais oublier cette parenthèse enchantée ; quelques mots pour attraper au vol un temps où nous sommes heureux.

 

Mon petit miracle.

 

My little place.

6 commentaires sur “My little place

  1. Quel texte touchant … les mots, la photo, la chanson … une lecture aussi apaisante que les moments qu’il décrit.
    En te souhaitant que la parenthèse de quiétude dure 😉

  2. C’est très beau.

    Les enfants sont effectivement une sorte de rocher, auquel on peut s’accrocher en cas de tempête, de coup dur, notamment avec les « autres » de l’extérieur ( un pb relationnel au boulot, un ami qui meurt d’une maladie…ou autre !! ) ; ils nous aident à nous ressaisir, à ne pas nous laisser aller, à relativiser.

    ( Désolée je n’arrive pas à m’exprimer aussi bien que toi ) :S

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