Et tu continueras de marcher malgré tout…

5 février 2008 0 Par Catnatt

 

Lange, Dorothea, photographer. Toward Los Angeles, California

Je sors du cinéma. J’ai vu “Paris”. Pas un grand film. Un bon film. Qui me parle…

 

Pauvres de nous. Ce que nous considérons comme acquis s’évanouit en l’espace d’une seconde : danser, monter des escaliers, boire une bière avec un ami…tant de choses disparaissent. Rien ne dure jamais vraiment. Pourtant, nous nous établissons dans nos vies, bien confortablement installés. Nous sommes surs, infaillibles, souverains.

 

Quelle ironie ! C’est que nous manquons tellement d’humilité face à la vie. Péché d’orgueil. Nous finissons, tous, absolument tous, par tomber dans le panneau. Nous sommes plus grands que la vie. C’est ce qui fait l’ampleur de l’Homme. Celle qui le pousse à créer, bâtir, aller au delà de la survie. Nous nous débattons dans ce paradoxe, construire en sachant que, au final, rien n’a de sens. S’inventer des idéaux pour espérer. Donner un sens à sa vie.

 

Je suis là, j’ai 15 ans. Tout va bien. J’observe ma mère. Je fais un peu plus attention. Non, ça ne va pas. Je suis là, j’ai 16 ans. Le téléphone sonne. Des mots. “Tu peux rentrer à la maison. Maman est morte”. Je ressens une douleur fulgurante au ventre. Je suis assise et pourtant, il va bien falloir que je me lève. C’est à peine envisageable. Je comprends comment ça fonctionne. C’est ça, l’histoire en fait ? Mettre tout son coeur dans ce qui est amené fatalement à disparaître ? Tu choisis toi même de t’aveugler ? Le pire, c’est que ça marche, tu ries à nouveau.

 

C’est le degré de lucidité qu’on tolère qui détermine sa vie. Je sais. Tout le temps. En arrière plan, en permanence, tout est dérisoire. Et je continue de marcher malgré tout…

 

“Seize the day, seize the day, seize the day, i don’t mind what ever happen, i don’t care”



Bande annonce de Paris Klapisch
envoyé par Suchablog. – Court métrage, documentaire et bande annonce.